Edito: Les cent ans de l’Europe

En voyageant entre l’Est et l’Ouest, je vois l’Europe se tendre, et lorsque je me tourne vers l’axe Nord-Sud, je le vois qui commence à se briser. L’Est et l’Ouest : des expériences différentes, des priorités différentes, des caractères nationaux différents car fortement conditionnés, selon les chercheurs, et par le climat et par la nourriture, mais sans doute aussi par l’histoire des uns et des autres.

En voyageant, en parlant avec des habitants de l’Europe, en lisant la presse locale, en zappant les chaînes de télévision (celles globalisées aussi: CNN, Euronews ou Russia Today), j’observe l’immensité de forces qui font pression sur l’Europe et les Européens. Les histoires qu’elles leur racontent. La façon dont tantôt elles déchiffrent tantôt elles réécrivent l’histoire des pays. Les tentatives d’influer sur les attitudes, en faisant de l’Europe – au moins depuis 1968 – un laboratoire social, en formatant et reformatant sans cesse, en essayant de créer le citoyen idéal de l’espace « entre Lisbonne et Vladivostok ».