Le général Burkhard en visite en Pologne

Burkhard

Le chef d’état-major des armées françaises, le général Thierry Burkhard, effectue une visite à Varsovie afin d’y rencontrer son homologue polonais. Il a été décoré de la Médaille d’Or de l’Armée Polonaise.

Le général Burkhard en Pologne

.Jeudi 28 mars 2024, le chef d’état-major des armées françaises s’est rendu à Varsovie, capitale de la Pologne, afin de s’entretenir avec l’état-major polonais et avec son chef, le général Wieslaw Kukula. Ce déplacement a été abondamment relayé par la partie polonaise sur les réseaux sociaux : „La coopération militaire polono-française au sein de l’Union européenne et de l’OTAN, les prochains Jeux olympiques d’été à Paris, ainsi que la situation sécuritaire sur le flanc oriental de l’Alliance et l’implication des deux pays dans l’aide militaire et humanitaire à l’Ukraine sont les principales questions soulevées lors de la réunion bilatérale des chefs de la défense de la Pologne et de la France”, peut-on lire sur le compte Twitter/X de l’état-major polonais.

Le programme de cette visite a été très riche. En plus des discussions sur des projets sécuritaires communs, le général Burkhard a notamment déposé une gerbe de fleurs sur la Tombe du Soldat Inconnu, afin d’honorer ceux qui sont morts pour l’indépendance de la Pologne.

Il a ensuite rencontré l’infirmière polonaise qui avait été enlevée par des miliciens au Tchad, en février 2024, avant d’être libérée par une opération commune franco-tchadienne. Dans ce cadre, il a été décoré, sur demande du ministre de la Défense Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, de la Médaille d’Or de l’Armée Polonaise.

„Les conditions de la survie et du développement de l’Europe”

.Le Premier ministre polonais de 2017 à 2023, Mateusz Morawiecki, a exposé sa vision de l’avenir de l’Europe dans un discours prononcé à l’Université de Heidelberg :

„Si les nations individuelles de l’Union européenne cherchent à dominer les autres, l’Europe pourrait être la proie des mêmes erreurs du passé. Et toutes les décisions d’arrêter l’agresseur russe peuvent à nouveau être annulées. Cela se produira si quelques-uns des plus grands pays décident qu’il est plus rentable pour leurs élites de faire des affaires avec le Kremlin, même au prix du sang. Aujourd’hui, c’est le sang ukrainien. Demain, ce sera peut-être celui lituanien, finnois, tchèque, polonais, mais aussi allemand ou français. Nous devons empêcher que cela se produise”.

„L’Allemagne et la France sont deux acteurs centraux en Europe. Au cours des 75 années entre 1870 et 1945, ils se sont livré trois guerres – ce n’est qu’après la dernière qu’est venue la réconciliation. Cette réconciliation porte aujourd’hui ses fruits dans les relations politiques particulières entre Berlin et Paris. Cette sensibilité mutuelle particulière aux logiques et aux sensibilités des deux capitales est née d’un passé tragique”.

„Le général de Gaulle était également profondément conscient à la fois du grand héritage culturel de l’Europe et des horreurs de la « guerre interne. » De Gaulle disait : « Dante, Goethe, Chateaubriand appartiennent à toute l’Europe dans la mesure même où ils étaient, respectivement et éminemment, italien, allemand et français. Ils n’auraient pas beaucoup servi l’Europe s’ils avaient été des apatrides et s’ils avaient pensé, écrit en quelque espéranto ou volapük intégrés… »”

„Comment s’est déroulé le retrait des troupes russes de Pologne ?”

.Jan Parys, ancien ministre de la Défense polonais de 1991 à 1992 décrit dans „Wszystko co Najwazniejsze” les coulisse de l’évacuation des troupes soviétiques de Pologne en 1993 :

” Les troupes soviétiques – rebaptisées russes après l’effondrement de l’URSS en 1991 – ont finalement quitté la Pologne en septembre 1993. Le Premier ministre Tadeusz Mazowiecki a longtemps retardé le début des pourparlers avec la partie russe et les discussions avec les Soviétiques sur le départ de leurs troupes a eu lieu en réalité quelques semaines avant les élections présidentielles perdues par Mazowiecki. L’une des raisons de son échec était le fait que les négociations n’avaient pas commencé plus tôt”.

„Les négociations, auxquelles j’ai participé dès le début, se sont heurtées à une résistance de la partie russe qui a cherché à gagner du temps, essayant d’imposer ses propres conditions. Les milieux militaires russes, comme le général Viktor Dubynin, ont plaidé pour le non retrait de leurs troupes. D’autres étaient plus disposés à faire des concessions, notamment Mikhaïl Gorbatchev et Boris Eltsine”.

„La présence même des forces russes en Pologne a sans aucun doute influencé la situation du pays, les choix électoraux et la façon de mener la politique par les gouvernements successifs. Le départ des soldats russes, revêtant une grande signification tant politique que symbolique, a en effet ouvert la voie à la construction d’un État souverain. Ce n’est qu’en septembre 1993 que la Pologne a retrouvé sa pleine indépendance, perdue en 1939. Pour le continent européen, cela signifiait une opportunité de réunification ; pour la Pologne – le retour dans la famille des pays occidentaux”.

Nathaniel Garstecka

Materiał chroniony prawem autorskim. Dalsze rozpowszechnianie wyłącznie za zgodą wydawcy. 29 marca 2024