Radoslaw Sikorski en visite en Estonie

Radoslaw Sikorski

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a effectué ce 9 mai 2024 une visite en Estonie, où il a rencontré plusieurs responsables politiques de haut rang.

„Nous collaborons sur les sujets sécuritaires” – Radoslaw Sikorski

.Le chef de la diplomatie polonaise, Radoslaw Sikorski, a effectué un déplacement d’une journée dans la capitale estonienne Tallinn, afin de s’entretenir avec des personnalités notables de la majorité de centre-gauche au pouvoir dans ce pays balte frontalier de la Russie.

Il a notamment rencontré la Première ministre centriste Kaja Kallas, le président de la chambre basse Lauri Hussar, le ministre de la Défense Hanno Pevkur et son homologue Margus Tsahkna. Les discussions se sont concentrées autour des relations bilatérales polono-estoniennes et des défis qu’implique la menace de guerre hybride aux frontières orientales de l’Union européenne. En plus de cela, les sujets de la sécurité régionale et de la poursuite du soutien à l’Ukraine ont été évoqués.

„On peut dire que les pays se divisent en deux catégories : ceux auxquels il faut tout expliquer et ceux avec lesquels ont peut directement passer à l’action. La Pologne et l’Estonie sont l’une pour l’autres des pays de la seconde catégorie”, a affirmé le chef de la diplomatie du nouveau gouvernement de centre-gauche polonais lors d’une conférence de presse tenue avec son homologue estonien.

Radoslaw Sikorski a ajouté que le renforcement de la coopération entre la Pologne et l’Estonie passe par une meilleure coordination des services de renseignements : „Nos services collaborent efficacement car nous avons des défis communs : non seulement l’impérialisme russe, mais aussi la pression à nos frontières et les tentatives de déstabilisation de nos pays, que ce soit dans le domaine de la cybersécurité ou en matière de planification d’attentats terroristes”.

Le ministre de la Défense estonien, Hanno Pevkur, a présenté à ensuite présenté à son invité polonais l’état d’avancement des dispositifs de défense militaire de son pays. Le chef de diplomatie polonaise s’est montré impressionné, en particulier par le système de bunkers et la formations des réserves : „Nous devons nous inspirer des modèles qui fonctionnent. En tant qu’amateur de questions militaires, j’estime qu’une formation militaire basique pourrait s’avérer utile à tous les citoyens, de manière indiscriminée. Je précise que c’est mon avis personnel et non celui du gouvernement polonais”.

„Nous sommes déterminés à empêcher la Russie de recréer son empire”

.La Pologne et l’Estonie font partie des pays de l’OTAN qui allouent le plus de budget à la Défense. La Pologne est ainsi le meilleur élève de l’Alliance Atlantique, avec des dépenses de l’ordre de 4% de son PIB. Ces efforts sont suscités par les craintes liées à la politique russe en Europe de l’Est depuis une dizaine d’années.

Radoslaw Sikorski a tenu à mettre en valeur la position de la Pologne et de l’Estonie: „Nous sommes déterminés à empêcher la Russie de recréer son empire. Nous refusons de redevenir des colonies russes. La Pologne et l’Estonie jouent aujourd’hui un rôle important afin d’expliquer ce qu’est en réalité la Russie et ils en ont la légitimité, étant donné que ce sont eux qui avaient raison au sujet de la politique agressive de Moscou”

Il a conclu son déplacement par une participation à la célébration de la Journée de l’Europe à Tallinn, marquant le vingtième anniversaire de l’accession de ce pays à l’UE (en même temps que la Pologne). Il y a témoigné de son attachement aux idéaux de liberté et de solidarité. Le 9 mai correspond à la Fête de la victoire de 1945 dans les pays de l’ancienne URSS, et c’est dans ce contexte que le ministre polonais a déclaré, à la foule qui assistait à l’événement : „le 9 mai marque la fin d’un dangereux empire et nous sommes dorénavant menacés par un autre dangereux empire. Celui-ci chutera aussi !”

„Cette guerre doit mener à la liquidation de l’oblast de Kaliningrad”

.”L’expérience historique dramatique des 300 dernières années a appris aux pays d’Europe centrale que l’impunité d’un agresseur impérial attise son désir inassouvi d’expansion, tout en l’invitant à entreprendre de nouvelles agressions”, explique Eryk Mistewicz, Président de l’Institut des Nouveaux Médias et éditeur de „Wszystko co Najważniejsze”.

„Situé au bord de la Baltique et entouré de part et d’autre par la Pologne et la Lituanie, ce territoire n’a jamais été, historiquement, la Russie. Pendant des siècles, il a fait partie de l’État polono-lituanien qui englobait, à son apogée, les terres de la Pologne, de la Lituanie, de la Lettonie, de la Biélorussie et de l’Ukraine d’aujourd’hui. À une époque, il a appartenu à la Prusse, mais jamais il n’a été russe”.

„Après la Seconde Guerre mondiale, cette zone a été initialement concédée à la Pologne, qui l’avait gouvernée pendant des siècles”.

„Cependant, malgré les combats héroïques des Polonais aux côtés des Alliés, à la suite des décisions prises à Téhéran et à Yalta, la Pologne a été livrée aux Soviétiques pour des décennies, tout comme une grande partie de l’Europe centrale et orientale. L’oblast de Kaliningrad est tout simplement devenue une partie de l’URSS, un dépôt militaire des Soviétiques”.

„Kaliningrad est un test décisif de l’approche du monde démocratique envers la Russie, de la prise de conscience de son caractère impérial, érigé par le tsar Pierre Ier, qui avait reconnu que la Russie ne serait un empire que lorsqu’elle aurait appuyé ses frontières occidentales sur les côtes de la mer Baltique et la mer Noire. Je ne peux pas imaginer que Kaliningrad reste plus longtemps – après cette guerre – un territoire appartenant à la Fédération de Russie”.

Nathaniel Garstecka

Materiał chroniony prawem autorskim. Dalsze rozpowszechnianie wyłącznie za zgodą wydawcy. 10 maja 2024