Nous manquons d’une véritable politique de diaspora [Bertrand DUPONT]

Le 27 septembre 2026, les élus des Français de l’étranger renouvelleront six des douze sénateurs qui siègent au Palais du Luxembourg. Bertrand Dupont mène la liste „Français à part entière” soutenue par Les Républicains. Dans un entretien accordé à „Wszystko co Najwazniejsze”, il revient sur le rôle d’élu des Français de l’étranger, sur les enjeux de ces élections sénatoriales et sur les défis qui se présentent à la France.
NATHANIEL GARSTECKA-BILLOTTE: – Les Français de l’étranger sont souvent considérés comme un mal nécessaire par l’administration française, ou bien comme de purs agents économiques. Quel pourrait être le rôle des expatriés, des binationaux et des résidents de longue date?
BERTRAND DUPONT: – Je ne considère pas que l’administration regarde les Français de l’étranger comme un mal nécessaire. En revanche, il est grand temps de mettre en place une véritable politique de diaspora. Nous disposons à l’étranger de réseaux précieux, en particulier ceux des Français installés de longue date. Ces compatriotes ont construit leur vie, souvent créé leur entreprise, tissé des relations professionnelles et amicales, et possèdent une connaissance approfondie de la réalité des pays où ils résident. C’est une chance pour la France, pour les entreprises françaises et pour l’administration de pouvoir s’appuyer sur eux. Français ou binationaux, ce sont pour moi des Français à part entière. Cette approche s’inscrit dans la même logique que celle des conseillers des Français de l’étranger, élus localement précisément parce qu’ils connaissent la réalité de leur circonscription, des besoins de leurs concitoyens et du pays dans lequel ils vivent.
J’ajouterai qu’il existe un autre public très important, encore trop peu mobilisé : les alumni. Il s’agit de ces étudiants étrangers qui viennent souvent suivre un master ou des études universitaires en France avant de regagner leur pays. Ces personnes souhaitent généralement maintenir un lien étroit avec la France. Or ce lien n’est pas suffisamment entretenu et ils restent insuffisamment intégrés dans notre politique d’influence. Aujourd’hui, de nombreux acteurs gravitent autour de la France, mais il manque encore de véritables synergies entre les dimensions économiques, politiques, consulaires, diplomatiques et culturelles.
NATHANIEL GARSTECKA-BILLOTTE – On a souvent, auprès de l’opinion publique française, l’image des Français de l’étranger comme d’une caste privilégiée. Dans certains médias, on les présente comme des expatriés qui partent pour fuir le fisc ou vivre une vie d’« arnaque » un peu ailleurs. Or les profils sont extrêmement divers. À quel point, en tant que conseiller consulaire et candidat aux élections sénatoriales, voyez-vous cette diversité?
BERTRAND DUPONT – La réalité est effectivement très variée. Nous sommes très loin de l’image que certains partis ou médias cherchent à véhiculer, celle de Français de l’étranger qui ne seraient que des « évadés fiscaux ». Si la motivation fiscale existe pour une minorité, l’immense majorité se compose de jeunes venus pour des études ou des stages, d’actifs qui travaillent, créent leur entreprise ou sont expatriés – même si le nombre d’expatriés au sens strict diminue, les entreprises recrutant de plus en plus en contrat local – ainsi que de retraités. Le récent rapport du gouvernement montre d’ailleurs une répartition quasi parfaite entre hommes et femmes.
En tant que conseillers – et je rappelle que nous agissons à titre bénévole –, nous constatons chaque jour la diversité des situations. Nous intervenons sur des sujets parfois très sensibles : aides sociales, bourses scolaires, dossiers de retraite, problèmes de santé, de divorce, cas de rapt d’enfants, questions de sécurité, situations liées à des conflits, à des catastrophes naturelles. Nous accompagnons également de nombreux Français âgés, installés depuis trente, quarante ou cinquante ans, qui se trouvent souvent dans une grande précarité. Enfin, nous voyons arriver des profils qui, insuffisamment préparés à l’expatriation, se retrouvent confrontés à des difficultés complexes qu’il faut gérer.
NATHANIEL GARSTECKA-BILLOTTE – Les Français de l’étranger ne sont effectivement pas une communauté monolithique, tant par leurs expériences personnelles que par leurs idées. Un Français résidant en Ukraine aura sans doute des opinions très différentes d’un Français résidant en Russie, pour citer un exemple radical. Un Français ne s’installe pas en Thaïlande pour les mêmes raisons qu’à Londres. Comment un sénateur représentant cette population pourrait-il concilier toutes ces différences?
BERTRAND DUPONT – C’est précisément pour cette raison que, contrairement aux députés des Français de l’étranger rattachés à une zone géographique, les douze sénateurs ont une responsabilité mondiale. Cette diversité des réalités les conduit à se rendre régulièrement sur le terrain pour rencontrer nos compatriotes, les autorités locales et les élus.
L’élection sénatoriale est une élection indirecte : ce sont des élus au suffrage universel qui désignent les sénateurs. C’est pourquoi le Sénat est souvent appelé la Chambre des collectivités. Disposer de relais locaux – les conseillers des Français de l’étranger – permet d’obtenir des remontées quasi quotidiennes sur les problématiques, qu’elles soient globales ou spécifiques aux Français de l’étranger : éducation, santé, sécurité, conventions bilatérales, etc. Le sénateur et ses équipes ont également pour mission d’épauler les élus locaux dans le traitement des dossiers du quotidien. Pour illustrer, j’ai personnellement contribué à résoudre plus de cent soixante-dix dossiers de retraite au cours de mon dernier mandat, grâce à l’appui des équipes parlementaires en France. Nous jouons ainsi un rôle de proximité et de porte-voix, un rôle législatif de proposition et de relais, ainsi qu’un rôle de collaboration étroite avec l’Assemblée des Français de l’étranger. Parmi les conseillers, quatre-vingt-dix d’entre eux siègent deux fois par an à Paris et des commissions se réunissent régulièrement : ce sont de véritables forces de proposition.
Enfin, la durée trop courte des mandats d’ambassadeur – souvent limitée à trois ou quatre ans – mérite d’être interrogée. Apprendre un pays est une chose ; en saisir les subtilités et en acquérir une véritable compréhension en demande davantage. Certains pays maintiennent leurs ambassadeurs plus longtemps, et ce n’est pas sans raison.
NATHANIEL GARSTECKA-BILLOTTE – On a vu que les Français pouvaient quitter la France pour des raisons différentes – économiques, familiales ou autres. Mais dans certains pays, on observe de plus en plus l’arrivée de Français qui partent pour des raisons politiques. Beaucoup expriment ainsi leur ras-le-bol ou leurs inquiétudes quant à la direction que prend la France. Le rôle de leurs représentants politiques ne devrait-il pas être aussi de porter ces sujets d’inquiétude dans le débat public?
BERTRAND DUPONT – Cela me paraît évident. Dans mon cas personnel, après plus de trente ans passés en Amérique du Sud, j’ai décidé de me présenter aux élections sénatoriales pour contribuer au redressement de la France, à la réforme de son fonctionnement et à la défense des Français de l’étranger. Car lorsque la France traverse des difficultés profondes, les budgets et les moyens alloués à nos compatriotes à l’étranger se réduisent automatiquement. Notre action ne se limite donc pas aux questions propres aux Français de l’étranger : un sénateur de cette circonscription intervient également sur l’ensemble des sujets nationaux, au même titre qu’un sénateur élu en France.
NATHANIEL GARSTECKA-BILLOTTE – La France est un pays particulier qui suscite l’intérêt partout dans le monde. Les Français de l’étranger constituent un pont culturel et économique, mais aussi informationnel, a fortiori leurs élus. Jusqu’à quel point un sénateur des Français de l’étranger peut-il représenter la France auprès de l’opinion publique internationale?
BERTRAND DUPONT – Un parlementaire est, par sa fonction, un représentant de la France, même si son rôle diffère de celui du gouvernement, du ministre des Affaires étrangères ou des ambassadeurs. Investi par Les Républicains, qui appartiennent au Parti populaire européen – principale formation au Parlement européen –, je contribue à sensibiliser nos élus européens à nos problématiques. Cela facilite également les échanges avec des députés européens ou des autorités locales lors de déplacements, et permet de faire valoir notre vision de la France et du monde.
En Amérique latine, où je suis basé au Brésil, je participe chaque année à l’assemblée générale de l’UPLA, l’Union des partis latino-américains, qui regroupe vingt-six partis dans vingt et un pays. J’y évoque la situation française et européenne, contribuant ainsi à tisser des liens entre élus de différents continents. Le même principe s’applique dans le cadre de la Francophonie et d’autres organisations. Nous avons donc un rôle actif dans le rayonnement de la France et dans le rapprochement entre les pays.
NATHANIEL GARSTECKA-BILLOTTE – Quelles pourraient être votre position et votre action, en tant que sénateur représentant la communauté française de l’étranger, à l’égard de la communauté française de Pologne, mais aussi à l’égard des pouvoirs publics polonais?
BERTRAND DUPONT – S’agissant de la population française en Europe centrale, le contexte de la guerre entre la Russie et l’Ukraine rend cette zone particulièrement sensible. L’enjeu sécuritaire y est bien plus prégnant qu’ailleurs. Être à l’écoute de nos compatriotes, maintenir un contact étroit avec les représentants de la France sur place, avec le ministère des Affaires étrangères et celui de la Défense, fait partie des missions régulières des sénateurs.
Le Sénat dispose de commissions compétentes en matière de défense et produit des rapports parlementaires. Récemment, Roland Le Gleut et Hélène Conway-Mouret ont rendu un rapport sur la préparation de l’armée française à la guerre de drones. L’un des avantages du Sénat est qu’il ne peut être dissous, ce qui lui confère une plus grande capacité à travailler sur des sujets de fond. Les sénateurs participent également à des groupes de travail internationaux sur la défense et la coopération européenne, et votent le budget.
La France demeure le seul pays européen disposant de la dissuasion nucléaire. Elle possède une industrie de défense de premier plan et forme des militaires étrangers, notamment ukrainiens, au maniement de ses équipements. Membre de l’OTAN, elle s’inscrit dans une coopération européenne qui s’intensifie. Le contexte a profondément évolué : l’Allemagne reconstruit son armée, la Pologne a fortement augmenté son budget de défense, et la France a elle-même engagé un effort militaire significatif. La protection américaine, dont l’Europe bénéficiait depuis 1945, s’est nettement affaiblie. Les Européens prennent conscience de la nécessité de s’organiser pour assurer eux-mêmes leur défense, ce qui concerne directement nos compatriotes résidant à proximité des zones de conflit.
NATHANIEL GARSTECKA-BILLOTTE – Les élections sénatoriales sont aussi une élection nationale. Vouloir les limiter aux seuls intérêts des Français de l’étranger serait une erreur. Notre expérience à l’étranger est un atout pour la France. De quelles solutions, par exemple, nos gouvernements pourraient-ils s’inspirer afin de redresser les finances du pays?
BERTRAND DUPONT – Les Français de l’étranger apportent une contribution utile à la réflexion nationale. Vivre à l’étranger offre une vision plus globale et souvent moins partisane de la situation française. La comparaison avec d’autres systèmes – fiscal, budgétaire, sanitaire ou de retraite – est régulièrement mobilisée par le gouvernement comme par les parlementaires. Les groupes d’amitié parlementaires jouent d’ailleurs un rôle important dans ces échanges, en facilitant les rencontres entre élus français et polonais, par exemple.
Il y a un an et demi, nous avons produit un rapport approfondi comparant les pratiques françaises et étrangères sur l’ensemble de ces sujets. Ce travail a été remis à notre parti et constitue l’une des bases de réflexion pour le programme présidentiel.
NATHANIEL GARSTECKA-BILLOTTE – En tant que sénateur, vous serez sans doute témoin – nous le serons tous, mais vous en particulier – d’une nouvelle bataille politique lors des élections de 2027. La campagne présidentielle, et législative qui suivra, sera l’occasion de mettre sur la table le rôle de la France dans le monde. À vos yeux, la France devrait-elle plutôt être une «puissance d’équilibre», ou plutôt engagée dans la défense du monde occidental auquel nous appartenons?
BERTRAND DUPONT – J’espère que la France pourra redevenir un moteur capable d’entraîner d’autres pays et qu’elle retrouvera une vision claire de son avenir, qu’elle a largement perdue ces dernières années. L’aspect culturel est fondamental. La construction européenne s’est d’ailleurs fondée sur la spécificité de la culture occidentale, à ses racines chrétiennes. Défendre cette spécificité est essentiel. Mais pour y parvenir, il faut d’abord mettre de l’ordre chez nous. Sans cela, aucune influence extérieure n’est crédible.
La période où la France se permettait de donner des leçons est révolue. C’est, à mon sens, l’une des erreurs majeures d’Emmanuel Macron, notamment en Afrique. Nous sommes désormais, et heureusement, davantage dans une logique de coopération et de construction commune. Cette approche est indispensable, y compris pour traiter la question migratoire et l’exécution des OQTF. La France a longtemps fait preuve de naïveté sur ce sujet. La directive « retour » récemment adoptée au Parlement européen, portée par François-Xavier Bellamy, marque une volonté de reprendre le contrôle des frontières et de l’avenir européen.
Au-delà de l’Europe, une réforme constitutionnelle me paraît nécessaire sur certains domaines existentiels, afin que la France conserve une capacité d’action indépendante et ne se voie pas imposer ses choix.
NATHANIEL GARSTECKA-BILLOTTE – L’opinion publique polonaise s’inquiète de ce qui est en train d’arriver en Europe occidentale et en France en particulier, lorsqu’elle voit les images apocalyptiques de Ceuta ou des banlieues françaises lors des émeutes. Quelle pourrait être la position d’un sénateur des Français de l’étranger sur un sujet aussi important que la crise migratoire? Les expériences des pays où habitent les Français pourraient-elles être utiles pour régler cette question? Ou faudrait-il s’accommoder de l’immigration massive, voire embrasser le concept de « nouvelle France » promu notamment par Jean-Luc Mélenchon?
BERTRAND DUPONT – Le concept de « nouvelle France » n’a aucun sens. La France possède une culture et une identité propres. Les Français de l’étranger offrent d’ailleurs un exemple d’assimilation : dans les pays où nous nous installons, nous apprenons la langue et respectons la culture locale. Ceux qui s’installent en France doivent respecter les mêmes obligations d’intégration. Les moyens mis à disposition pour y parvenir existent ; encore faut-il la volonté de les utiliser.
Nous avons atteint un niveau d’immigration devenu ingérable depuis longtemps. Il faut reprendre le contrôle de nos frontières. Le modèle canadien constitue, à cet égard, une référence intéressante. Les difficultés que l’on observe dans certaines banlieues, comme le développement du narcotrafic, ne sont pas nouvelles, mais elles se sont aggravées. Plusieurs lois ont été adoptées, dont un grand nombre ont été censurées par le Conseil constitutionnel : cela renforce la nécessité d’une réforme constitutionnelle ; la loi doit être faite par le Parlement, non par les juges.
Ainsi, les problèmes sont identifiés. Notre parti a déjà formulé des propositions concrètes. Beaucoup de textes sur ces sujets émanent d’ailleurs du Sénat. Le rôle d’un sénateur – qu’il représente ou non les Français de l’étranger – est de contribuer à rétablir l’autorité de l’État, à faire respecter la loi et à maîtriser l’immigration afin qu’elle soit choisie et non subie.
NATHANIEL GARSTECKA-BILLOTTE – Vous avez parlé de l’assimilation des Français en diaspora: les Français s’intègrent et s’assimilent parfaitement dans les sociétés qui les accueillent. Mais vouloir maintenir une représentation politique distincte, n’est-ce pas un frein à leur intégration dans les pays où ils résident? Je suppose que nous serions plutôt gênés si des immigrés en France s’organisaient de la même manière chez nous.
BERTRAND DUPONT – Il s’agit de deux questions distinctes. Nous manquons encore d’une véritable politique de diaspora. Quant à l’assimilation des Français à l’étranger, elle ne pose généralement pas de difficulté. La représentation dont nous disposons sert exclusivement à défendre les intérêts des Français établis hors de France. Le statut des conseillers des Français de l’étranger leur interdit d’ailleurs formellement de s’immiscer dans la politique intérieure du pays de résidence. Il n’y a donc pas de contradiction. Au contraire, le réseau parlementaire que nous constituons a vocation à créer des ponts entre les pays et les cultures, afin de favoriser la compréhension mutuelle et la coopération.
NATHANIEL GARSTECKA-BILLOTTE – La France a-t-elle besoin d’une alternance politique? Si oui, peut-elle encore être incarnée par ceux qui ont gouverné ces vingt dernières années?
BERTRAND DUPONT – Oui, la France a besoin d’une alternance. Elle interviendra de toute façon, puisque Emmanuel Macron ne peut plus se représenter. Le macronisme est en fin de cycle, comme l’ont clairement montré les dernières élections consulaires. La France est aujourd’hui majoritairement à droite. Les Français aspirent à retrouver un pays maîtrisé, où l’État de droit s’exerce pleinement, avec des droits mais aussi des devoirs.
Il faut mettre fin à la logique d’assistanat héritée de l’époque de François Mitterrand. Le niveau actuel n’est plus soutenable financièrement et freine la créativité, l’entrepreneuriat et l’innovation. Les filets de sécurité sont nécessaires, mais ils doivent servir à ramener les personnes vers l’emploi et non à entretenir durablement l’inactivité.
Les anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron incarnent la continuité d’un modèle qui a échoué. Le Rassemblement National partage avec nous certaines positions sur le régalien, mais son approche économique demeure de gauche. Les votes communs avec la gauche, notamment sur l’impôt universel visant les Français de l’étranger – que le groupe LR a permis de bloquer –, en témoignent. Par ailleurs, le RN a multiplié les revirements : sur l’Europe, sur l’euro, sur l’immigration, sur l’âge de la retraite ou sur la capitalisation. Ses convictions restent difficiles à cerner.
Pour ma part, je considère que Bruno Retailleau dispose du programme le plus solide et le plus cohérent, fruit d’un travail de longue haleine. C’est sa candidature que je soutiendrai. Des débats sérieux, fondés sur des propositions chiffrées et non démagogiques, permettront aux Français de mieux le connaître.
NATHANIEL GARSTECKA-BILLOTTE – Au moment où la France a besoin en urgence d’un choc de libération économique, le gaullisme social tel que proposé par certains candidats à l’élection présidentielle n’est-il pas un frein potentiel à notre redressement?
BERTRAND DUPONT – Le gaullisme social n’a jamais consisté à promouvoir l’assistanat. Il a permis de bâtir des fondations qui aident encore la France à faire face à un endettement préoccupant : un système éducatif de qualité (même s’il s’est dégradé), un système de santé longtemps reconnu, la dissuasion nucléaire, l’électricité nucléaire et plusieurs champions industriels. C’est une politique qui a mis en place des filets de sécurité – et la France reste le seul pays au monde à soutenir aussi largement ses compatriotes à l’étranger, même si les budgets diminuent et que nous nous battons pour les préserver. Mais elle n’a jamais valorisé le renoncement à l’effort. Elle a au contraire placé l’excellence au centre de son projet.


