Fête de l’indépendance en Pologne

setna ustawa

Comme chaque année, la Pologne célébrait son indépendance, le 11 novembre 1918. Plusieurs cérémonies se sont déroulées, ainsi que la traditionnelle grande Marche de l’Indépendance à Varsovie. Près de 200 000 personnes y étaient présentes et le président Karol Nawrocki a aussi pris part à la marche.

Célébrations de la Fête de l’Indépendance

.La date du 11 novembre est sans doute l’une des plus importantes de l’histoire de l’Europe. C’est en même temps celle de la victoire contre les empires centraux, notamment l’Allemagne, en 1918, mettant ainsi un terme aux horreurs de la Première Guerre mondiale; celle du souvenir des soldats morts pour la France et celle de l’indépendance de la Pologne, après 123 ans d’occupation étrangère.

Comme chaque année, des commémorations se sont déroulées à Varsovie et dans d’autres villes polonaises. Ce mardi 11 novembre 2025 à 11h30, le président Karol Nawrocki a assisté à une relève de la garde solennelle devant la tombe du Soldat inconnu, sur le Plac Piłsudski, au centre-ville. Il était accompagné de son épouse, Marta Nawrocka, des membre de son cabinet, du vice-premier ministre et ministre de la Défense Władysław Kosiniak-Kamysz, du président de la Diète Szymon Hołownia et de la présidente du Sénat Małgorzata Kidawa-Blonska.

Plusieurs unités militaires, représentant les forces armées polonaises, ont défilé devant les tribunes des invités puis ont procédé à la relève de la garde devant la tombe du Soldat inconnu. Le président a passé en revu ces unités, puis a nommé de nouveaux généraux, en présence du ministre de la Défense et du ministre de l’Intérieur Marcin Kierwiński.

Discours du président Nawrocki

.Le chef d’Etat polonais, élu le 1er juin 2025, a ensuite prononcé un discours, afin de célébrer la Fête de l’Indépendance. Il a rappelé le long combat de la Pologne et des Polonais pour la survie de leur pays et de leur nation, remerciant ceux qui, à travers les siècles, ont sacrifié leur vie pour la lutte contre les puissances étrangères mal intentionnées. Il a évoqué les pères de l’indépendance de 1918: Maurycy Mochnacki, Jozef Pilsudski, Wincenty Witos, Wojciech Korfanty, Ignacy Daszynski, Ignacy Paderewski et Roman Dmowski.

L’indépendance, une fois acquise, n’est pas garantie à tout jamais. Le président n’a pas manqué de le mentionner: «Mais l’indépendance qui suivit fut, d’une part, une grande joie, et d’autre part, une immense responsabilité. Car la Pologne dut se battre pour ses frontières, résister à l’offensive bolchevique venue de l’Est. Cela ne fut possible que parce que le soldat et le paysan polonais possédaient encore ce que Maurycy Mochnacki appelait leur essence profonde: un attachement aux valeurs nationales et à notre identité».

Le discours de Karol Nawrocki était placé sous le signé de l’identité polonaise et de la célébration de son histoire et de sa souveraineté. «Cette responsabilité dans l’indépendance du 11 novembre nous a également apporté ce que je considère personnellement comme le plus grand succès de la Seconde République polonaise : l’éducation, à l’école polonaise, d’élèves qui avaient conscience d’être polonais et d’avoir des devoirs envers la Pologne. C’est grâce à la Seconde République polonaise, en 1939, après 1939 et après 1945, que ces générations n’ont jamais renoncé à la liberté et à l’indépendance – et c’est grâce à elles que nous pouvons vivre aujourd’hui dans une Pologne libre et indépendante», a-t-il déclaré.

Résister aux influences étrangères nocives

.Le président s’est montré ambitieux dans sa volonté de défendre la Pologne face aux «influences étrangères nocives»: «Alors je pose la question: au regard de plus de mille ans d’histoire polonaise et de l’œuvre magistrale des Pères de l’indépendance polonaise, où est notre essence profonde? Où sont nos valeurs chrétiennes, qui ont posé les fondements de la République? Et pourquoi devons-nous subir la pression de ces ersatz de valeurs chrétiennes, de ces idéologies qui nous sont étrangères, dans les écoles et le système éducatif polonais?». Cela faisait référence à l’entrisme des milieux et associations progressistes dans les écoles polonaises, afin de faire notamment la promotion de la tolérance excessive ou de l’homosexualisme.

«Le Président de la Pologne ne permettra jamais que nous redevenions le paon et le perroquet des nations, copiant aveuglement tout ce qui vient de l’Occident. Je le dis en tant que partisan de l’appartenance de la Pologne à l’Union européenne, mais surtout en tant que partisan du principe: la Pologne d’abord, les Polonais d’abord. Une Pologne libre, indépendante et souveraine est notre engagement, et c’est ce que représente cette Fête. Que voulons-nous dire aujourd’hui à ceux qui, par leur sang, leurs efforts et leur travail, nous ont apporté l’indépendance le 11 novembre lorsque nous voyons que certains politiciens polonais sont prêts à céder petit à petit la liberté, l’indépendance et la souveraineté de la Pologne aux institutions, aux tribunaux et aux velléités de l’Union européenne?», a lancé Karol Nawrocki, ciblant le camp du centre-gauche et les élites progressistes polonaises.

Il a évoqué aussi le grandes ambitions économiques du pays, comme l’accession au groupe G20 et le projet de devenir un hub gazier pour l’Europe centrale en coopération avec les Etats-Unis. Puis il a conclu son discours: «Mesdames et Messieurs, Je vois une nation polonaise belle, forte et fière. Une nation polonaise belle, forte et fière, malheureusement enlisée et découragée par des querelles politiques. Cependant, je crois profondément que ce qui nous unit l’emportera sur ce qui nous divise. Que Dieu bénisse la Pologne ! Vive la Pologne !»

Marche de l’Indépendance et réception au Palais présidentiel

.A 14h s’est déroulée la traditionnelle grande Marche de l’Indépendance, du Rondo Dmowskiego au centre-ville jusqu’au pied du Stade National. Près de 200 000 personnes ont participé à cet évènement, organisé par les milieux patriotiques  polonais. Comme chaque année, un important groupe de Français était présent: une trentaine de personnes. Certains sont des Français habitant en Pologne depuis plus ou moins longtemps, d’autres ont fait le déplacement depuis la France pour l’occasion. Aisément reconnaissables aux grands drapeaux tricolores qu’ils portaient, ils n’hésitaient pas à interagir avec des Polonais enthousiastes à leur présence, signifiant la force des liens qui unissent les deux nations.

A 14h30, plusieurs centaines de fumigènes rouges ont été allumés afin de commémorer l’indépendance, puis le cortège s’est élancé vers le Pont Poniatowski. Le président Nawrocki a rejoint la foule et a défilé au milieux des gens, passant près de la statue du général de Gaulle au croisement des Aleje Jerozolimskie et de la rue Nowy Swiat.

A 17h, enfin, une cérémonie s’est tenue au Palais Présidentiel, en présence de nombreux ambassadeurs, de militaires, de journalistes, de représentants des cultes et d’hommes politiques, suivie d’une réception. Le président y a prononcé un discours, puis s’est prêté au jeu des photos avec les invités.

Nathaniel Garstecka

Materiał chroniony prawem autorskim. Dalsze rozpowszechnianie wyłącznie za zgodą wydawcy. 12 listopada 2025
Fot. KPRP/Mikołaj Bujak