Sandrine BOURG: "Le retour de Nicolas Sarkozy: mythe ou réalité ?"

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Le retour de Nicolas Sarkozy

Sandrine BOURG

W zespole wyborczym Nicolasa Sarkozy’ego zajmowała się kwestiami marketingu politycznego. Kierowała Zespołem ds. Komunikacji partii UMP w latach 2010-2012. Od 2012 r. towarzyszyła Jean-François Copému podczas podróży po Francji i w całej kampanii prezydenckiej z 2012 r., kiedy to odpowiedzialna była za prowadzenie konta partii na Twitterze i wsparcie argumentacyjne sekretarza generalnego UMP. Absolwentka kierunku: komunikacja polityczna na uniwersytecie Panthéon-Assas (Paris II).

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Qui peut croire aujourd’hui que l’animal politique qu’il a été pendant 35 ans puisse renoncer si facilement à une vie de service et de pouvoir ?

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« Une autre époque s’ouvre. Je resterai l’un des vôtres. […] Mais ma place ne pourra plus être la même. […] Mon engagement à la vie de mon pays sera désormais différent. Mais le temps ne distendra jamais les liens tissé entre nous. Au moment où je m’apprête à redevenir un Français parmi les Français. » C’est à travers ces mots que la France assistait, en direct, le 6 mai 2012 à  la fin de 35 années d’une carrière politique bien remplie et atypique. En perdant les élections présidentielles, Nicolas Sarkozy laissait la France dans une situation inédite : une gauche à la tête de tous les pouvoirs (sénat, assemblée nationale, majorité des régions) dans un pays frappé par la crise et un ex-président défait mais encore trop jeune pour se contenter du statut de Sage au Conseil Constitutionnel, poste automatiquement acquis par tout ancien Président de la République en France.

Un départ de la scène politique, vraiment ?

Nicolas Sarkozy l’avait dit, s’il perdait ces élections, il quittait la politique pour laquelle il avait tant sacrifié, pour « faire du fric ». Techniquement, c’est chose faite. N’espérez plus entendre l’ancien président s’exprimer dans les médias. Désormais c’est à Dubaï, à Doha ou à Cannes que Nicolas Sarkozy est convié pour donner son analyse des grands enjeux économiques mondiaux en échange de cachets généreux. Si vous avez un peu de chance, vous le croiserez peut-être au premier rang d’un concert de son épouse, Carla Bruni, ou lors d’une cérémonie de remise de légion d’honneur à des proches.

Le départ de la scène politique de l’un des leaders les plus brillants de sa génération, la gauche française en avait rêvé. En effet, depuis mai 2012, la droite peine à se reconstruire. La faute d’abord à la chaotique élection du président du parti durant laquelle l’ancien Premier Ministre François Fillon, persuadé que son ancienne fonction suffirait à le faire élire s’est fait battre de quelques voix par l’ancien Secrétaire Général Jean-François Copé, qui avait misé sur sa proximité avec les militants. Depuis, l’UMP, grossièrement divisé en pro-Fillon, pro-Copé et en « non-alignés » (quadragénaires et trentenaires souhaitant un renouvellement de la classe politique de droite), peine à parler d’une seule voix, malgré les tentatives du président du parti qui rabâche pourtant avec brio un projet alternatif solide et courageux.

La faute ensuite à la montée du Front National qui ne cesse de grimper dans les sondages par son discours démagogique et anxiogène attirant les électeurs les plus touchés par la crise. A tel point que certains érigent Marine Le Pen en figure incarnant l’opposition en France. Un comble pour la digne fille de Jean-Marie Le Pen dont les solutions seraient catastrophiques pour le pays.

Autre aubaine pour la gauche, l’acharnement judiciaire dont Nicolas Sarkozy a fait preuve. D’une part le dossier Bettencourt, soupçonnant tout bonnement l’ancien président d’avoir dépouillé la femme la plus riche de France souffrant d’Alzheimer pour financer sa campagne présidentielle de 2007, a clairement pesé sur sa crédibilité. Nicolas Sarkozy a été finalement déclaré innocent en octobre 2013, bénéficiant d’un non-lieu. D’autre part l’invalidation des comptes de campagne de 2012, par le Conseil Constitutionnel présidé par un ennemi personnel de l’ancien président, a manqué de faire couler l’UMP, lui faisant perdre 11 millions d’euros d’aide publique. Une somme importante pour un parti déjà endetté et qui a perdu plusieurs millions d’euros de financement public du fait de sa défaite aux élections législatives mais aussi de son refus d’appliquer la parité.

Un retour orchestré et de plus en plus inévitable

Ce que peu de commentateurs avaient prédit, c’est la capacité de Nicolas Sarkozy à rassembler autour de lui une immense communauté de soutiens par sa seule aura. Un sondage paru en janvier le désignait comme grand favori des sympathisants de droite pour la présidentielle 2017 (62%). Ces soutiens réclament à tout va le retour de leur homme providentiel, seul capable de sauver la droite et de sauver la France du désastre socialiste, donnant ainsi un sentiment d’omniprésence de Nicolas Sarkozy malgré son silence et son absence sur la scène médiatique, Un soutien sans faille qui s’est notamment manifesté lorsque le président de l’UMP Jean-François Copé a lancé une campagne de dons pour « sauver l’UMP » de la faillite et en profiter pour laver l’honneur de Nicolas Sarkozy face à l’invalidation considérée comme injustifiée. La campagne a permis en quelques mois à l’UMP de redresser ses comptes via une récolte de près de 12 millions € ! Une somme sans précédent pour un parti politique et qui en dit long…
En plus de ce soutien militant, des personnalités politiques se mobilisent, contribuant à laisser planer le doute sur un éventuel retour de leur champion  Rassemblés autour de mouvements faisant honneur à l’action de Nicolas Sarkozy telle l’association des Amis de Nicolas Sarkozy, d’anciens ministres ou personnalités multiplient les interventions médiatiques faites de sous-entendus rendant de plus en plus évident le retour de l’ancien président.

Face à cela, Nicolas Sarkozy, professionnel de la communication politique, garde une maîtrise totale de son image. Depuis ses bureaux rue de Miromesnil dans le 8ème arrondissement de Paris, son équipe de conseillers veille au grain : aucune interview, très peu d’images, de rares messages adressés directement aux militants depuis sa page Facebook, retour récent sur le réseau social Instagram. Pendant ce temps, il reçoit : des jeunes élus, des moins jeunes, des amis, tout cela dans le plus grand secret. Une communication trop bien orchestrée pour être hasardeuse… et qui fait la joie des sympathisants toujours plus convaincus par son retour.

Le 10 février dernier, Nicolas Sarkozy se rendait, en « Français parmi les Français » au meeting de soutien de Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la Mairie de Paris.. C’est la première fois qu’il se rendait à un événement politique public. Bien assis au premier rang, tous les regards étaient rivés sur lui à la recherche d’un signe de retour imminent. Nicolas Sarkozy le sait, la politique n’est pas qu’un métier, c’est une passion, un don de soi qui nous pousse malgré nous à servir  les autres, à servir son pays. Certains la comparent aussi à un virus dont on ne peut plus être guéri une fois qu’on l’a attrapé. Qui peut croire aujourd’hui que l’animal politique qu’il a été pendant 35 ans puisse renoncer si facilement à une vie de service et de pouvoir ? Mais Nicolas Sarkozy sait qu’il ne doit pas aller trop vite, car ses adversaires à gauche comme à droite, guettent et sont de moins en moins décidés à lui laisser la place.

Sandrine Bourg 

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