Les émeutes du 17 octobre. Étape cruciale avant 2027 [Nathaniel GARSTECKA]

Les images des dévastations du 17 octobre 2026 dans les grandes villes ont déjà fait le tour du monde. Des scènes de pillages, de destructions, d’incendies de bâtiments administratifs, de violences, de quasi guerre civile… Face à un État incapable de faire régner l’ordre et à l’approche d’une élection présidentielle qui s’annonce explosive, la société française retient son souffle et s’apprête à vivre une période difficile.
.La France a tremblé. Encore une fois. Ces dernières années, les tremblements de terre se sont multipliés : Gilets jaunes, émeutes de Nahel Merzouk, réforme des retraites, Nouvelle-Calédonie, octobre 2026… Les images de la journée du 17 octobre, placée sous le signe de la « convergence des colères », sont tragiques et ont suscité l’effarement dans le monde entier, à l’image de la destruction de la mairie de Limoges, chef-d’œuvre architectural de la seconde moitié du XIXe siècle. Les commentateurs évoquent désormais un pays en ruine, une société fracturée, un climat de quasi guerre civile, une nouvelle invasion barbare. Comment leur donner tort ?
Il fallait s’y attendre. Ce qui devait n’être à l’origine qu’une petite mobilisation limitée à quelques professeurs de banlieue parisienne s’est rapidement étendu à toutes les banlieues, puis aux grandes villes, pour culminer au final dans une explosion de violences partout dans le pays. Comment ignorer la responsabilité de la gauche radicale, qui est parvenue, pour la première fois, à réaliser la jonction entre la violence des racailles de banlieue et celle des groupuscules d’extrême-gauche des grandes villes?
.Jusqu’à présent, les jeunes issus de l’immigration arabo-musulmane et africaine et les antifas ne mettaient pas en commun leurs forces. Les banlieues se soulevaient quand la police tuait un jeune délinquant ou après des matchs de football, alors que les militants de gauche répondaient davantage aux appels des syndicats et à l’actualité politique. La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon tentait depuis des années de mobiliser simultanément ces deux Frances, que pourtant tout oppose. Ce que l’on appelle l’islamo-gauchisme a enfin pris corps lors des « mobilisations lycéennes » de septembre et octobre. Les postulats sur le manque de moyen de l’Education nationale et la chaleur des classes en été n’ont été que des prétextes pour tout casser.
Les responsables politiques de LFI sont clairs : si la droite remporte l’élection présidentielle de 2027, ils appelleront à l’insurrection et au coup d’État. C’est au nom d’une prétendue « résistance républicaine » qu’ils refuseront d’accepter le verdict des urnes. Les émeutes de ces dernières semaines ne sont, à leurs yeux, qu’une répétition générale, un match d’entraînement avant avril et mai 2027.
La gauche a bien joué son coup. Elle s’est servie de ses atouts pour provoquer cette situation. Son influence dans les milieux enseignants et dans l’Education nationale, sa force auprès de l’immigration extra-occidentale et sa capacité de mobilisation des citoyens idéologisés et révolutionnaires. Karl Marx envisageait la violence pour faire triompher la révolution. Ses disciples donnent corps à sa doctrine, une fois de plus.
.L’État a été pris au dépourvu, alors que les appels aux rassemblements le 17 octobre s’étaient pourtant multipliés les jours précédant. Les forces de l’ordre ont été dépassées en de nombreux endroits. Difficile de s’en étonner : cela faisait trois semaines que les policiers étaient sursollicités et avaient vu des centaines d’entre eux être blessés. Par ailleurs, la gauche radicale scrute soigneusement chaque intervention policière. Le moindre faux pas est immédiatement versé à la rhétorique sur les « violences policières », alimentant par là la colère des manifestants et des émeutiers.
Une autre scène terrible : des jeunes détruisant une voiture de police, alors que les forces de l’ordre se trouvent à quelques mètres plus loin et se contentent d’observer. Emmanuel Macron a appelé à l’ « empathie » à l’égard des casseurs, la hiérarchie a strictement interdit aux policiers de riposter. L’objectif ? « Ne pas envenimer les choses », ne pas verser d’huile sur le feu. Au risque de laisser le chaos s’installer. L’impuissance du gouvernement s’est traduite par les déclarations de ses membres. « Valeurs républicaines », « nécessité de dialogue », « condamnations fermes »… des slogans creux qui dévalorisent la parole de l’État.
Les centristes tremblent de peur. Ils veulent à tout prix éviter d’avoir à faire face à la situation qu’ils ont contribué à alimenter. Ils vont attendre les élections et transférer le problème à leurs successeurs. Après moi le déluge est le maître mot de l’Elysée et de Matignon, et de toute cette génération de citoyens qui se sont contentés, depuis les années 1970, de choisir sans cesse les mêmes politiciens. Nous récoltons aujourd’hui les fruits des graines plantées au lendemain de la Second Guerre mondiale, quand on a laissé progressivement la gauche mettre la main sur les domaines de l’esprit (éducation, culture, justice, médias) et qu’on s’est ouvert à l’immigration de travail arabo-musulmane et africaine, qui est ensuite devenue une immigration de peuplement. Que cela serve de leçon à tous les pays qui n’ont pas encore pris ces décisions funestes.
Piller les magasins est un acte de désordre commis par des gens qui méprisent ce que représente notre civilisation gréco-romaine et judéo-chrétienne, donc européenne et occidentale. Que ce soient les antifas d’extrême-gauche ou les jeunes issus de l’immigration non intégrée, l’objectif est le même : exprimer sa défiance et son mépris de l’ordre civilisationnel. C’est ce que ces gens, drapés dans des drapeaux algériens et maliens ou agitant des drapeaux rouges, ont tagué sur les monuments de la place de la République et de la place de la Bastille : « ACAB », « Free Palestine », « mort à Zemmour, Bardella, Le Pen », « Louis XVI on l’a décapité, Macron on va recommencer ».
Les élites déplorent la « montée des extrêmes et des populismes », mais ce n’est qu’une réponse aux crises que nous traversons. Si la droite patriote et nationale monte, ce n’est que la conséquence de l’échec tragique des blocs « républicains », « démocrates » et « progressistes ». Si cette droite l’emporte en 2027, elle aura face à elle la rue immigrée, la rue d’extrême-gauche, les syndicats, les tribunaux, la culture, les administrations et probablement une grande partie des médias et des marchés. Les contre-pouvoirs s’emploieront à paralyser toute action visant à redresser le pays. Il faudra alors répondre avec force et détermination. L’État de droit est censé défendre le peuple contre les velléités totalitaires, pas protéger ceux qui cassent, brûlent et volent.
.Quel paradoxe pour la France : un pays magnifique, porteur d’un brillant héritage et d’un remarquable patrimoine, un pays qui a tant contribué au destin du monde, qui en a été l’une des plus grandes puissances… en est aujourd’hui réduit à constater les émeutes urbaines et le délitement de son tissu social et ethnoculturel. Un pays qui veut peser dans la diplomatie mondiale, mais qui est incapable d’empêcher le pillage de ses magasins et les incendies de ses mairies.
Tout est-il fichu ? Non, pas encore. Tant qu’il restera des gens de bonne volonté, soucieux de leur pays et prêts à s’engager, l’espoir sera permis. Tant qu’il restera des forces vives imperméables à la propagande révolutionnaire, progressiste et multiculturelle, le pays sera capable de se redresser. Tant qu’il existera une volonté de mettre fin aux crises qui nous affaiblissent, il faudra miser dessus. La stratégie de conflictualisation de la société menée par la gauche radicale peut aussi provoquer l’émergence de mouvements de résistance de droite, et 2027 sera une première opportunité de voir s’affronter ces deux blocs politiques.
Nathaniel Garstecka



