Michel LOUYOT:    L’Est et l’Ouest européens ne se comprennent toujours pas

Michel LOUYOT: L’Est et l’Ouest européens ne se comprennent toujours pas

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Michel LOUYOT

Un écrivain français. Il commença sa carrière professionnelle comme professeur de lettres en Moselle et la poursuivit durant plus de trente années en Europe centrale et orientale puis en Extrême-Orient sur l'île de Kyushu, occupant diverses fonctions, Lecteur, Attaché et Conseiller culturel.

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L’Est et l’Ouest européens ne se comprennent toujours pas – écrit Michel LOUYOT

.Comment la Hongrie pourrait-elle oublier qu’elle fut dépecée des deux tiers de son territoire par le Traité de Trianon ? Comment les Tchèques pourraient-ils oublier qu’ils furent sacrifiés à Hitler en 38 sans que ni la France ni l’Angleterre ne s’y opposent ? Comment les Polonais pourraient-ils oublier qu’ils furent abandonnés un an plus tard et offerts aux deux monstres qui venaient de sceller leur Pacte ? Les blessures ne sont pas tout à fait refermées de sorte que ces pays acceptent mal les remontrances de ceux qu’ils considèrent, injustement sans doute, comme les tenants de l’Eurobolchevismus.

Que cela nous plaise ou non, c’est ce que ressent une partie de la population du centre et de l’est de notre continent. Il conviendrait que nous prenions davantage en compte ces divergences de vue.

Le fantôme dans notre placard occidental, c’est le fascisme, c’est le nazisme. Ce qui explique que nos élites intellectuelles aient longtemps adopté le réflexe communiste. « Tous ceux qui ne pensent pas comme nous sont des fascistes ». Le réflexe perdure. On fourre dans le même sac des conservateurs, des extrémistes, des traditionnalistes, des patriotes. Ce faisant, on prend le risque de les pousser à la désespérance.

Au centre et à l’est de l’Europe, le fantôme, c’est le communisme. Le vide laissé par sa disparition a été occupé par la religion et par le patriotisme. Un patriotisme qui peut avoir des relents de nationalisme. Mais est-ce à nous qu’il revient de prononcer des oukazes ou à chacun de ses peuples de trouver sa voie vers la démocratie ? Est-ce cette Europe-là qu’ont voulue les Père fondateurs ?

Le débat est ouvert. Quel lieu plus propice que Strasbourg pour repenser les relations entre nations européennes ?

Michel Louyot

Extrait du livre Michel Louyot : Le parapluie bleu, Éditions JALON 2021, [LIEN].

17/11/2021