Elections consulaires de mai 2026. Union des Patriotes pour les Français de Pologne

Les élections pour les représentants des Français établis hors de France se dérouleront au cours de la dernière semaine de mai 2026. Une liste d’Union des Patriotes sera présente, afin de proposer aux Français de Pologne une nouvelle offre politique. Les membres de cette liste décrivent leur parcours, leurs idées et leurs projets pour la communauté française.
.Les élections consulaires permettent aux Français établis hors de France d’élire leurs conseillers, qui sont des élus locaux. Elles sont organisées tous les six ans dans chaque pays où résident nos compatriotes. C’est donc le cas en Pologne, pays dans lequel près de 6000 d’entre eux sont inscrits au registre consulaire. Les Français de Pologne choisiront trois élus à cette occasion, au suffrage universel direct. «Les conseillers des Français de l’étranger représentent les Français de leur circonscription auprès de l’Ambassade et des services consulaires en participant entre autres aux conseils consulaires», peut-on lire sur le site Internet de France Diplomatie.
Pour voter, il faut être inscrit sur la liste électorale consulaire. L’inscription est possible en ligne jusqu’au 24 avril 2026 via le site officiel: www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/R43248. Le vote sera possible à l’urne, en ligne ou par procuration. Pour voter en ligne, le numéro de téléphone et l’adresse e-mail communiqués à l’administration doivent être valides.
Pour la première fois depuis que ces élections ont été instituées, une liste d’Union des Patriotes sera présente, constituée de membres représentant la communauté française dans toute sa diversité socio-professionnelle et géographique. Menée par Nathaniel Garstecka-Billotte, elle regroupe des Français habitant à Varsovie ou en région de Varsovie, à Cracovie et dans d’autres villes de Pologne. Certains sont des Français expatriés pour le travail, d’autres franco-polonais ou ayant fondé des familles mixtes, d’autres encore ont choisi la Pologne par intérêt culturel pour les relations entre nos deux pays. Dans tous les cas, la liste d’Union des Patriotes est formée par des citoyens attachés à la France, à ses valeurs, à la civilisation européenne et à la profondeur des liens unissant la France à la Pologne.
Choix de l’installation en Pologne et intégration sur place
.La diversité des parcours personnels est essentielle afin de bien saisir la richesse des profils des Français établis en Pologne.

.Brigitte Eloy (Łomianki, périphérie de Varsovie), écrivain dont les livres sont parus dans plusieurs pays européens, connait le pays depuis 1972 et l’a choisi pour «y vivre le dernier chapitre de sa vie», après avoir travaillé jusqu’à sa retraite en Allemagne: «Les valeurs de la Pologne offrent un écho à mon âme», profondément ancrée dans l’humanisme chrétien européen. Brigitte Eloy a en effet beaucoup voyagé en Europe centrale à l’époque communiste afin de «se confronter aux réalités d’un régime politique totalitaire et athée» et de soutenir les chrétiens persécutés dans ces pays.

.Amandine Charrier (Leszno, ouest de la Pologne) a obtenu une licence professionnelle en import/export à Tours, puis a travaillé huit ans en Irlande dans différents secteurs, notamment l’assurance et les logiciels d’ingénierie d’infrastructure. C’est lors d’un voyage en Pologne qu’elle tombe sous le charme de ce pays: «J’ai eu un véritable coup de cœur pour la Pologne, sa culture, son atmosphère et la sécurité qui y règne. Cette expérience m’a donné envie de m’y installer durablement». Elle a trouvé un emploi à Wrocław, puis s’est installée plus au nord à Leszno où elle a fondé une famille franco-polonaise.

.Alizée Monteux (Opole, sud-ouest de la Pologne) a un profil littéraire: «J’ai fait des études de Lettres (hypokhâgne, khâgne, master de recherche), puis une licence de russe, avant de devenir par choix mère au foyer pour élever mes 3 enfants». Elle aussi a ressenti un véritable coup de cœur pour la Pologne, qu’elle a découvert en 2017 lors d’un voyage touristique. Elle décide donc, avec son mari, d’y acheter un appartement et de s’y établir, entre autres afin d’offrir à ses enfants un environnement scolaire sain.

.Jérémy Ruffenach (Cracovie, sud de la Pologne) a étudié l’histoire à Strasbourg, ce qui lui a permis de découvrir plusieurs pays d’Europe centrale dans le cadre de ses études. Il a ainsi développé un talent pour l’apprentissage des langues de cette région, dont le polonais, et c’est la Pologne qu’il a choisie pour débuter sa carrière professionnelle dans l’IT et le management.
.Kevin Lobe (Varsovie) a bénéficié du programme VIE (Volontariat international en entreprise) pour effectuer une première mission en Pologne. «Initialement je n’avais pas prévu de rester mais je me suis senti rapidement en adéquation avec le cadre, les valeurs, les Polonais et les opportunités économiques également», explique-t-il, développant une approche business de son séjour en Pologne. Son jugement est partagé par de nombreux Français: «Le pays adopte une approche plus libérale que la France en matière de réglementation: la pression fiscale y est globalement plus faible et l’État intervient moins directement dans l’activité économique. Je trouve que c’est un environnement plus favorable à l’entrepreneuriat et à la prise de risque».

.Nathaniel Garstecka-Billotte (Stare Babice, périphérie de Varsovie), qui mène la liste d’Union des Patriotes pour les Français de Pologne, est franco-polonais de naissance et a fait le choix de s’installer définitivement en Pologne en 2014: «Je connais le pays depuis toujours, j’ai eu le temps de le découvrir en profondeur au fil des années, quand j’habitais encore à Paris. Quand un grand groupe français m’a proposé de m’expatrier dans sa filiale polonaise, j’ai accepté». En plus de trouver du travail de cette manière, il a pu fournir à sa famille un meilleur cadre de vie: «nous habitions à Paris avec mon épouse polonaise, mais c’était difficile pour elle pour des raisons culturelles. Je peux tout à fait comprendre les Français qui s’installent en Pologne pour retrouver un cadre de vie européen».
Difficultés administratives et barrière de la langue
.Tous les membres de la liste d’Union des Patriotes pour les Français de Pologne évoquent l’apprentissage de la langue et les premiers contacts avec l’administration comme éléments déterminants de leur intégration sur place. Certains se sont cependant heurtés à d’autres défis, comme Jérémy Ruffenach: «Mon intégration s’est déroulée sans grande difficulté puisque je parlais déjà polonais et mon entreprise s’était chargée de déposer mon dossier de PESEL (numéro d’identification personnel en Pologne). Le plus gros problème restait cependant le logement. L’immobilier à l’époque avait déjà ses difficultés autres que celles d’aujourd’hui et il était compliqué de se loger dans de bonnes conditions».
La famille d’Alizée Monteux s’est intégrée grâce aux collègues de bureau de son mari et grâce aux parents d’élèves de l’école dans laquelle allaient leurs enfants. «Je suis désormais très bien entourée, mais ma difficulté principale demeure mon faible niveau de polonais, notamment quand je dois régler des questions administratives», précise-t-elle.
Nathaniel Garstecka-Billotte a été aidé par son bilinguisme et sa double nationalité dans ses démarches, mais il a rencontré d’autres types de problèmes: «Je suis passé d’un contrat de travail français à un contrat polonais, il m’a donc fallu réaliser plusieurs formalités qu’on pourrait facilement éviter. Je pense notamment aux assurances et à la prise en compte des cotisations sociales. Mais dans l’ensemble je suis plutôt satisfait. Être français sur le marché du travail en Pologne est un véritable avantage, a fortiori si l’on parvient à apprendre la langue locale».
L’intégration de Kevin Lobe s’est faite via le monde des affaires: «La Pologne offre une grande flexibilité sur le marché du travail. J’ai pu avoir recours au contrat B2B qui est finalement assez courant, socialement accepté et juridiquement clair, ce qui permet aux professionnels qualifiés de négocier plus librement leur rémunération, d’optimiser leur fiscalité et de choisir leur mode d’organisation. Créer ma société en auto-entrepreneur ne m’a pris qu’un seul jour ici!».
L’administratif est aussi cité par Brigitte Eloy: «Ayant été employée en Allemagne, du fait de la législation européenne, je reste affiliée à ma caisse allemande qui agit comme correspondant de la NFZ («Narodowy Fundusz Zdrowia», sécurité sociale polonaise). Cependant, les remboursements médicaux se font sur la base du système polonais et non de celui de l’Allemagne».
Amandine Charrier a vécu une situation similaire. Son intégration a été facilitée par son environnement professionnel, mais elle a rencontré des difficultés administratives: «Les principales difficultés ont été la barrière de la langue, car je ne parlais pas du tout polonais au départ, ainsi que les démarches administratives, souvent complexes pour un étranger». Son expérience reste cependant encourageante: «La rencontre de mon conjoint polonais, avec qui j’ai aujourd’hui trois enfants franco-polonais, a marqué une étape importante dans mon intégration. Grâce à lui et à notre famille, je me sens aujourd’hui pleinement intégrée dans la société polonaise».
Bien que proches historiquement et géographiquement, la France et la Pologne n’en restent pas moins des pays différents. Jérémy Ruffenach «pourrait écrire un livre à ce sujet»: «On pourrait parler de la pratique de la religion par exemple, ou de la fiscalité. Mais cette dualité nourrit ma réflexion à tous les niveaux : de manière générale, vivre dans un autre pays que le sien est très stimulant car on apprend beaucoup de choses au sujet de sa culture, ce dont on a aucune idée quand on vit en France».
Brigitte Eloy, qui connait bien la Pologne depuis les années 1970, a réalisé un important travail de compréhension des caractéristiques du peuple polonais: «Les visages fermés de la plupart des personnes croisées continuent de m’interroger. Heureusement, ces visages s’illuminent d’un sourire dès que l’on s’adresse à elles en premier. Il nous revient par conséquent de faire le premier pas, la suite ne pose heureusement aucun problème». «Par ailleurs, le fantastique développement économique de la Pologne contraste avec le manque de plans d’urbanisme», note-t-elle.
Le caractère entreprenant du pays a marqué l’esprit de Kevin Lobe: «Le système fiscal polonais est plus lisible et plus prévisible, notamment pour les indépendants et les entreprises. Les charges sociales sont plus faibles, les mécanismes d’imposition plus simples, et il existe une réelle volonté politique d’attirer les talents et les investissements étrangers. Je trouve ma place dans cet environnement gratifiant».
Nathaniel Garstecka-Billotte se déplace aussi bien en milieu polonais que français, grâce à quoi il a une bonne visibilité des différences culturelles: «Quand j’étais au lycée à Paris, on m’appelait «le Polonais». C’était à l’époque de l’entrée de la Pologne dans l’UE, avec tous les stéréotypes qui allaient avec. En Pologne, les gens m’appellent «le Français» et me posent beaucoup de question sur la France. Ainsi, dès mon enfance j’ai été amené à expliquer la Pologne aux Français et la France aux Polonais. Ca me permet de contribuer à une meilleure compréhension entre nos deux nations».
Amandine Charrier a été surprise par la richesse de la gastronomie polonaise et par les traditions familiales et religieuses des Polonais: «La cuisine polonaise est à la fois simple, généreuse et pleine de saveurs, avec des différences notables par rapport à la France. J’ai de même été marquée par la place importante de la famille dans la société polonaise: elle reste un véritable pilier social et sociétal. Enfin, les traditions religieuses m’ont bien intriguées, en particulier celles des fêtes de Pâques et de Noël, célébrées avec beaucoup de rites».
Alizée Monteux aussi relève la solidité des liens générationnels: «La chose qui m’a vraiment sautée aux yeux en premier lieu est le rapport des Polonais aux enfants, notamment des personnes âgées. Elles sont toujours extrêmement bienveillantes envers les plus jeunes, et beaucoup d’endroits (restaurants, cafés, gares…) sont adaptés pour les sorties en famille». «Les Polonais sont réputés froids, mais j’ai également été agréablement surprise de leur gentillesse et du fait qu’ils soient toujours prêts à aider une personne en difficulté», poursuit-elle, en comparant son expérience en Pologne avec ce qu’elle a connu en France.
Relations avec la France et les autres Français de Pologne
.Les Français établis hors de France et les binationaux n’en restent pas moins des citoyens français. Depuis l’étranger ils portent souvent un regard plus objectif sur la situation en France, ils participent au débat public et entretiennent des relations avec leurs compatriotes. Nathaniel Garstecka-Billotte est pleinement engagé dans cette démarche: «Les Français établis à l’étranger ne sont pas des citoyens de seconde catégorie, dont la seule et unique fonction serait de produire du chiffre pour les multinationales. Ils ont un avis sur la situation dans leur pays d’origine, souvent plus objectif du fait de leur expérience à l’étranger. Echanger avec les autres Français de Pologne permet de se rendre compte à quel point la direction prise par la France ne suscite que peu d’optimisme. La communauté expatriée doit être davantage entendue par les médias et les pouvoirs publics».
Alizée Monteux constate l’affaiblissement de l’image de la France dans le monde: «Je perçois mon pays comme s’enfonçant inexorablement dans ses difficultés sociétales et économiques, et je constate que la bonne image que nous avions à l’étranger s’étiole: bien que notre patrimoine culturel et notre gastronomie soient reconnus, nous ne sommes pour autant plus perçus comme un pays fiable et puissant». Elle cite l’immigration incontrôlée et l’insécurité grandissante comme des éléments déterminants dans l’aggravation de l’ambiance quotidienne en France, en comparaison avec la Pologne.
Amandine Charrier déplore aussi l’évolution de la situation en France, ce qui est d’autant plus douloureux qu’elle reste attachée à son pays d’origine: «Je vis en Pologne depuis plus de sept ans, mais je me sens toujours profondément française et je suis attentivement l’actualité de mon pays. Vivre à l’étranger me permet de prendre du recul: si j’aime mon pays, je constate cependant des difficultés préoccupantes, telles que l’insécurité croissante, le sentiment de déclassement général, l’instabilité à différents niveaux (politique et économique), ainsi qu’une représentation parfois défaillante à l’international».
Jérémy Ruffenach aborde la question d’un point de vue économique et budgétaire: «La France est actuellement très mal gérée. Le journal «Le Figaro» se fait souvent le relais des rapports de la Cour des Comptes. A chaque fois, l’institution pointe les défauts de gestion du pays. Dernier exemple en date: la problématique du Louvre, avec un rapport pointant la dégradation des finances et de l’entretien du musée dans le cadre du vol spectaculaire qui s’y est déroulé».
Kevin Lobe poursuit sur le même ton: «Comparer la France et la Pologne peut être mutuellement bénéfique pour les deux pays. La France possède un patrimoine mondialement reconnu ainsi qu’un fort potentiel d’innovation, comme elle l’a prouvé au cours des Trente glorieuses, mais a du mal à enrayer son déclin économique depuis quarante ans. Du côté de la Pologne, le coût de la vie reste inférieur à celui de la France. Combiné à une croissance économique soutenue et à un marché encore en développement, cela renforce l’attractivité du pays pour les profils internationaux souhaitant concilier dynamisme économique, opportunités professionnelles et qualité de vie».
Brigitte Eloy confirme ces appréciations: «Je ne reconnais pas le pays que j’ai tant aimé. Il manque de leaders ayant une stature politique, une vision digne des défis actuels». Elle dénonce «l’abandon des valeurs qui cimentent un peuple, une déliquescence de la société qui ne sait plus où elle va et une ignorance de beaucoup de nos concitoyens des réalités internationales qui nous menacent», concluant que cette situation la remplit d’«une profonde tristesse, pour ne pas dire d’une honte certaine». Néanmoins, elle souhaite conserver des liens avec ses concitoyens expatriés et binationaux. Habitant en périphérie de Varsovie, elle n’a pas encore eu l’opportunité de renforcer ses contacts avec la communauté française. Elle espère néanmoins que cela «changera dans un proche avenir» et se montre enthousiaste à l’idée de pouvoir rencontrer les Français et leur partager son expérience.
Nathaniel Garstecka-Billotte habite dans une commune limitrophe de Varsovie et est en relation quotidienne avec ses compatriotes: «Je travaille dans de grands groupes français, je rencontre tous les jours des Français expatriés ou des binationaux, et ce depuis des années. Ce sont ces contacts qui m’ont convaincu de m’engager auprès de l’Union des Patriotes pour les Français de Pologne. Pour que la voix de la communauté française soit mieux entendue, tant en France qu’en Pologne».
Alizée Monteux vit à Opole, «où il n’y a quasiment pas de français». Elle s’emploie cependant à rencontrer des compatriotes dès qu’elle se rend à Varsovie ou Cracovie, ce qui arrive assez régulièrement. Cela lui permet de maintenir des liens avec son pays dans un esprit patriotique. Renforcer la proximité entre Français est selon elle essentiel et devrait être l’un des premiers objectifs du conseiller consulaire.
La situation est peu ou prou similaire pour Amandine Charrier, qui habite aussi dans une ville moyenne, à Leszno dans l’ouest du pays, ce qui complique les contacts avec les autres Français. Ici, les réseaux sociaux et les groupes de discussion jouent un rôle certain afin de maintenir le lien et de transmettre des informations concernant la vie de la communauté.
Jérémy Ruffenach, vivant à Cracovie, peut rencontrer davantage de compatriotes, que ce soit dans l’environnement des entreprises ou de la culture. Il pointe l’évolution de la nature de l’expatriation française en Pologne: «Il y a une césure entre les Français venus de Pologne ces dernières années et ceux qui sont établis ici il y a 10 ans ou plus. Les raisons de l’expatriation entre ces deux groupes ont vraisemblablement changé», détaille-t-il, faisant référence à l’arrivée de Français quittant leur pays entre autres pour des raisons culturelles.
Kevin Lobe, enfin, s’est installé au centre-ville de Varsovie, grâce à quoi il peut entretenir des contacts réguliers avec les autres Français. Comme les autres membre de l’Union des Patriotes pour les Français de Pologne, son expérience lui permet de saisir les problématiques associées à l’expatriation et à l’installation en Pologne. Pour lui, l’un des rôles du représentant des Français de l’étranger est de conseiller ses compatriotes rencontrant des difficultés dans leurs démarches administratives ou leur intégration.
Liens historiques et culturels entre la France et la Pologne
.Tous ceux qui font partie de la liste d’Union des Patriotes pour les Français de Pologne relèvent la profondeur et l’intensité des relations franco-polonaises à travers les époques. Brigitte Eloy fait remonter nos liens à l’élection du futur roi de France Henri III au trône de Pologne-Lituanie, en 1573. Celui qui est connu en Pologne comme Henri de Valois («Henryk Walezy») y a régné deux ans, avant d’être rappelé en France. Brigitte Eloy cite aussi le roi de Pologne Stanisław Leszczyński, qui mettra en valeur la ville de Nancy, et sa fille Marie, qui épousera le roi Louis XV et deviendra ainsi reine de France.
Amandine Charrier fait remarquer «la popularité de Napoléon Bonaparte en Pologne, au point qu’il est même mentionné dans l’hymne national polonais». Les Polonais ont effectivement fait partie des alliés les plus fidèles de l’Empereur, se battant à ses côtés durant plusieurs campagnes. Ces relations ont été renforcées suite au rétablissement par la France d’un Etat polonais en 1807, après les partages successifs que le pays avait subis à la fin du XVIIIème siècle. Cette époque a aussi vu les exploits du prince Poniatowski, fait maréchal d’Empire en 1813 et dont une statue sera bientôt inaugurée à Paris.
Alizée Monteux évoque deux des plus célèbres franco-polonais de l’histoire, «Frédéric Chopin et Marie Skłodowska-Curie, qui sont très reconnus et appréciés pour leur talent aussi bien en Pologne qu’en France». Elle ajoute que la Pologne «est sans doute le pays d’Europe centrale avec lequel nos relations ont été les plus constantes dans l’histoire», rappelant l’estime particulière que lui portaient de grandes figures intellectuelles françaises comme Chateaubriand ou Balzac.
Jérémy Ruffenach met en lumière un autre épisode marquant de notre histoire commune: la participation de Charles de Gaulle à la guerre russo-polonaise de 1920-1921 du côté des Polonais, suivant la renaissance de leur Etat. Cet épisode a contribué à la formation militaire et politique du futur général et président de la République, et les Polonais restent attachés à cette figure capitale de l’histoire de France, une statue le représentant trônant au centre de Varsovie sur la place qui porte son nom.
Nathaniel Garstecka-Billotte partage son histoire familiale, ancrée dans les relations franco-polonaises: «mon arrière-grand-père, le général Gaston Billotte, faisait partie de la mission militaire française en Pologne en 1920 contre l’Armée rouge. Il a été décoré de l’ordre de Virtuti Militari, la plus haute distinction militaire polonaise. Son fils, mon grand-père donc, le général Pierre Billotte, était un proche collaborateur de Charles de Gaulle et a été vice-président du Comité français des amis de la Pologne dans les années 1960. Chez nous, les relations franco-polonaises, c’est une affaire de famille!»
Kevin Lobe, enfin, souligne l’élan de solidarité des Français pour les Polonais dans les années 1980: «Les Français envoyaient des paquets en Pologne et soutenaient le mouvement Solidarnosc. Les liens entre les deux pays ont toujours été forts, et ils le sont davantage depuis que la Pologne a rejoint l’UE et l’OTAN et qu’elle a signé un traité bilatéral avec la France. Le conseiller consulaire se doit d’incarner au mieux cette amitié».
Attentes vis-à-vis de l’administration française et rôle des élus consulaires
.La présence française en Pologne se manifeste de plusieurs manières: économique – les deux pays sont d’importants partenaires commerciaux au sein de l’Union européenne, partenariat renforcé par le traité de Nancy récemment signé et par l’activité de la Chambre de Commerce et d’Industrie franco-polonaise; culturelle – grâce notamment à l’Institut français de Varsovie; ou même militaire – dans le cadre de l’OTAN et de l’UE. La communauté française de Pologne constitue un atout de poids dans le renforcement des liens entre nos deux pays. L’administration française doit donc prendre soin de ses liens avec les expatriés et les binationaux, et les élus consulaires doivent les représenter de la manière la plus fidèle possible. L’Union des Patriotes pour les Français de Pologne propose de travailler ensemble dans cet esprit.
Nathaniel Garstecka-Billotte assume pleinement le double rôle de représentant des Français de l’étranger: «Il a un rôle d’élu local, en représentant les Français auprès de leur administration, en portant leurs intérêts et leurs problématiques et en accompagnant la présence française en Pologne, mais il a aussi un rôle politique. En tant qu’héritier de 450 ans d’histoire commune franco-polonaise, il doit travailler à l’amélioration des relations entre les deux pays et s’engager pour cela dans le débat public. Enfin, il doit véhiculer un message, celui du patriotisme. Les Français de Pologne restent attachés à la France et ils veulent que leurs préoccupations à ce sujet soient portées le plus largement possible».
Kevin Lobe insiste pour que la France coopère avec la Pologne afin de faciliter l’installation et le développement d’entreprises françaises: «Cela ne peut être que mutuellement profitable». Il propose de promouvoir davantage le programme VIE, dont il a lui-même bénéficié: «Un séjour en entreprise à l’étranger ouvre de nombreux horizons. L’expérience ainsi gagnée peut être utilisée à bon escient en France, ou servir à créer des passerelles entre les pays. Dans l’environnement mondial actuel, il faut se serrer les coudes entre nations appartenant à la même civilisation européenne et partageant les mêmes valeurs». Il ajoute que les administrations françaises à l’étranger et les élus consulaires participent naturellement à ce processus, et qu’il faut l’encourager.
Amandine Charrier milite en particulier pour que les démarches administratives soient facilitées pour les Français établis à l’étranger: «Certaines procédures restent complexes et longues, comme la reconnaissance de la naissance d’un enfant à l’étranger, qui demande beaucoup de documents et de temps». Elle met aussi en avant le rôle très particulier de notre communauté: «Les expatriés et les binationaux doivent se comporter de manière exemplaire et représenter la France positivement en Pologne. Ils jouent un rôle important en tant qu’ambassadeurs de notre pays. Leurs représentants devraient soutenir ces initiatives, faciliter les échanges économiques et culturels, et encourager les projets qui renforcent la présence et le rayonnement de la France en Pologne». Elle propose notamment que les représentants des Français de l’étranger s’engagent à contribuer au débat public en sensibilisant aux enjeux économiques, culturels et sociaux tant en France qu’en Pologne.
Alizée Monteux attend de l’administration française en Pologne qu’elle soit présente en cas de besoin. Pour cela elle doit maintenir des canaux de communication avec les citoyens français, et c’est ici l’un des rôles des élus consulaires. Par ailleurs, ces derniers «devraient favoriser les coopérations entre les entreprises françaises et polonaises» afin de solidifier notre partenariat stratégique. L’aspect culturel n’est cependant pas absent du projet de l’Union des Patriotes pour les Français de Pologne: «Les Français et leur représentants doivent faire découvrir et apprécier notre culture aux Polonais. Ils doivent cultiver ce qui est justement admiré à l’étranger, notamment la gastronomie, l’art et la littérature, au lieu de promouvoir une vision idéologique de la société». L’attachement à la Pologne n’est ici pas incompatible avec l’attachement à la France, bien au contraire: «Nous devons préserver notre pays d’accueil afin de préserver notre avenir et celui des Polonais».
Jérémy Ruffenach pointe une autre facette du rôle d’élu: celle d’émettre des avis consultatifs sur l’attribution de subventions pour les projets culturels, associatifs et liés à l’éducation. Cette participation à la vie de la communauté est essentielle, tout en contribuant à porter la voix des citoyens sur les sujets sociétaux et politiques. C’est une approche ouverte, visant à représenter les Français dans la diversité de leurs parcours personnels et professionnels: «Les représentants élus doivent être à l’écoute des Français. Pas uniquement à celle de son électorat, mais à celle de tous les concitoyens. Cela passe par des rencontres, des débats et des discussions, au cours desquels nous pouvons échanger nos opinions et nos arguments, dans un esprit d’enrichissement mutuel». Il milite de même pour améliorer la formation de spécialistes qui travailleront dans le domaine des relations franco-polonaises, que ce soit dans le monde des affaires, celui de la culture, voire même celui de la diplomatie.
Brigitte Eloy défend l’engagement de l’administration français en faveur de l’éducation et de la promotion de la francophonie en Pologne: «Il est important que la France maintienne le contact avec ses ressortissants, surtout avec les familles ayant des besoins particuliers en ce qui concerne la scolarité de leurs enfants». Elle appelle à ce que la France «intensifie son action sur la propagation de notre langue auprès des établissements d’enseignement et du public polonais». «En tant qu’amoureuse de la langue française, j’affirme que nous devons maintenir la visibilité de la francophonie partout dans le monde. L’une des idées serait d’associer l’apprentissage du français au développement de la présence économique française en Pologne. Apprendre cette langue pourrait donc bénéficier non seulement aux jeunes Français, mais aussi aux jeunes Polonais en leur ouvrant de nouvelles opportunités professionnelles». Enfin, elle voit aussi le rôle de la communauté française et de ses représentants comme ponts informationnels entre les deux pays: «Je me préoccupe de l’interprétation du fait polonais par les médias français, quel que soit leur bord… Les journalistes méconnaissent l’histoire de ce pays et rendent une image qui n’est pas juste de la réalité polonaise. Cela nuit à la compréhension entre nos nations».
Union des Patriotes: renforcer le pluralisme politique
.Les parcours, les idées et les propositions des membres de la liste d’Union des Patriotes pour les Français de Pologne représentent bien la diversité des profils constituant la communauté française de Pologne. Cette offre, qui sera présentée aux Français lors des élections consulaires de mai 2026, se veut proche de leurs préoccupations et porteuse d’un véritable projet d’amélioration des relations entre l’administration et les citoyens. Elle assume pleinement le besoin de représentation des Français de Pologne et le rôle fondamental d’élu de terrain, sans nier pour autant sa fonction politique. Elle porte des valeurs fidèles à l’histoire commune franco-polonaise et à la civilisation française et européenne, et s’engage pour les renforcement du partenariat stratégique entre les deux pays.
L’entretien est aussi disponible en polonais:
Propos recueillis par Arkadiusz Jordan





