
Chopin et le reste du monde
En août et septembre 2024, l’Institut Frédéric Chopin vous invite au 20e anniversaire du Festival international de musique « Chopin et son Europe ».
.Le 20e Festival international « Chopin et son Europe » se déroulera du 17 août au 8 septembre. Des concerts sont programmés dans des lieux prestigieux tels que la Philharmonie nationale, le Grand Théâtre – Opéra national et le Studio de concerts de la Radio polonaise Witold Lutosławski. Comme les éditions précédentes, ce festival s’articule autour d’un sous-titre qui, avec concision et une pointe d’ironie, en résume parfaitement l’esprit : « Chopin et le reste du monde ».
Cela s’applique aussi bien au programme lui-même, fondé sur la confrontation de l’œuvre de Chopin avec les musiques européennes des pays voisins de chaque direction géographique, qu’à la mosaïque exceptionnellement riche de performances musicales, conçue selon des critères artistiques rigoureux. À l’invitation de l’organisateur, l’Institut Frédéric Chopin de Varsovie, le festival accueillera cet été des musiciens qu’on peut qualifier de « résidents » – des artistes qui ont régulièrement participé au festival et contribué à son rayonnement – ainsi que des solistes et des ensembles se produisant pour la première fois.
Il y aura donc des pianistes virtuoses dont le talent a été révélé dans le monde entier lors de concours Chopin, notamment ceux jouant sur instruments d’époque : Kate Liu, Eric Lu, Bruce Liu, Garrick Ohlsson, Julianna Awdiejewa, Kevin Kenner, Alberto Nosè, Ingrid Fliter, Nelson Goerner, Angela Hewitt, Lukas Geniušas, Dimitry Ablogin, et, venus de Pologne, Ewa Pobłocka, Piotr Paleczny, Szymon Nehring, Janusz Olejniczak, Tomasz Ritter, Bartosz Skłodowski et Piotr Sałajczyk. Nous espérons que Martha Argerich sera également parmi nous en tant qu’invitée d’honneur. On entendra également ceux qui n’ont pas participé au Concours Chopin mais constituent l’élite mondiale des artistes de la scène : Louis Lortie, Hélène Grimaud, Marc-André Hamelin, Cyprien Katsaris, Francesco Piemontesi, Makoto Ozone, Kevin Chen, Paolo Giacometti, Andreas Staier.
Parmi les solistes exceptionnels, le groupe le plus important est bien sûr celui des pianistes, mais comme chaque année, des virtuoses d’autres instruments se produiront également, notamment de merveilleux violonistes (Fabio Biondi, Vilde Frang, Kim Bom-sori) et violoncellistes (Jean-Guihen Queyras, Pieter Wispelwey), ainsi qu’une pléiade d’excellents chanteurs, menée par Artur Ruciński, Christophe Prégardien et Julian Prégardien.
Le festival accueille régulièrement des concerts de groupes musicaux de renommée mondiale : ensembles de chambre, vocaux et symphoniques, qui – ce qui constitue l’une des bases du programme de l’événement – interprètent obligatoirement (et en même temps avec une volonté, un intérêt et souvent un plaisir invariables) de la musique polonaise, des œuvres de Chopin à celles de Malawski, Szymanowski, Weinberg et Lutosławski. Le festival de cette année propose des concerts du London Symphony Orchestra sous la direction d’Antonio Pappano, du prestigieux Korean KBS Symphony Orchestra sous la direction de Pietari Inkinen, du Kammerorchester Basel, du Freiburger Barockorchester, de l’Orchestre des Champs-Élysées de Philippe Herreweghe, du Collegium 1704 de Václav Luks, d’Europa Galante de Fabio Biondi, du Quatuor Mosaïques, du Belcea Quartet, du Quatuor Apollon Musagète et de l’Ensemble Dialoghi, ainsi que d’ensembles polonais : le Warsaw Philharmonic Symphony Orchestra, Sinfonia Varsovia, l’Aukso Orchestra et le {oh!} Orchestra de Martyna Pastuszka, qui se produira sous la direction de Jacek Kaspszyk et Marek Moś, entre autres.
Le programme du festival propose des œuvres à la fois familières et populaires, ainsi que des pièces presque absentes de la scène musicale contemporaine. Nous entendrons Chopin côtoyer des œuvres de Bach, Mozart, Beethoven, Hensel, Meyer, Osborne, Schubert, Schumann, Liszt, Gomółka, Zarębski, Brahms, Dvořák, Sibelius, Strauss, Elgar, Młynarski, Dukas, Holst, Ravel, Paderewski, Magin, Szymanowski, Bacewicz, Lutosławski…
La musique de Bach et de Mozart est essentielle à la compréhension de la nature musicale de Chopin, de son génotype unique (style, texture, discipline, structure mélodique). C’est pourquoi deux moments forts se distinguent dans le programme du festival de cette année : deux interprétations du « Clavier à la température idéale » de Bach : l’une au clavecin (interprétée par le virtuose des instruments d’époque Andreas Staier) et l’autre au piano contemporain (ici par l’exceptionnelle pianiste polonaise Ewa Pobłocka, dont les enregistrements des deux volumes du chef-d’œuvre de Bach, publiés par l’Institut, figurent parmi les meilleurs au monde). Cette dernière interprétation intégrera les nombreuses notes d’interprétation que Chopin a inscrites sur les partitions qu’il a données à ses élèves.
Comme le veut la tradition, le festival nous replongera dans le Baroque et la Renaissance, poursuivant notre voyage à travers la polyphonie européenne sous la direction du Collegium Vocale Gent. Le programme s’étendra – littéralement, presque – jusqu’à nos jours, avec notamment la création du Concerto pour piano de Jerzy Maksymiuk, une commande de l’Institut, qui constituera l’un des événements les plus marquants de cette édition. Il dirigera l’œuvre avec Janusz Olejniczak en soliste. Parmi les deux temps forts de la scène symphonique, citons la création, également sur instruments d’époque, de la Grande Symphonie n° 8 de Bruckner par l’Orchestre des Champs-Élysées sous la direction de Philippe Herreweghe, à l’occasion du bicentenaire de sa naissance ; et, pour la première fois en Pologne, le cycle de poèmes symphoniques de Bedřich Smetana, Má vlast (Ma Patrie), sera interprété sur instruments d’époque. Un programme exceptionnel qui sera joué lors de cette édition – évidemment ! – par le Collège 1704 de Václav Luks.
Depuis sa création, le festival est indissociable de la fonographie de l’Institut national Frédéric Chopin, utilisant des enregistrements en direct des concerts du festival, complétés par ceux en studio. Les programmes de ces deux volets convergent et s’entremêlent parfaitement au sein de chaque édition du festival.
Le premier projet, unique au monde, est un enregistrement intégral des opéras, oratorios et cantates de Stanisław Moniuszko, le second compositeur, après Frédéric Chopin, à avoir profondément marqué la culture musicale polonaise du XIXe siècle. Cet enregistrement est finalisé cette année. Il est réalisé par l’ensemble Europa Galante, qui interprète les œuvres sur instruments d’époque, sous la direction de Fabio Biondi, avec la participation du Chœur de l’Opéra et de la Philharmonie de Podlasie et de solistes de renom du monde entier. Ce programme pluriannuel de concerts et d’enregistrements, qui comprend des présentations des œuvres de Moniuszko lors de festivals successifs et leurs enregistrements, a été inauguré en 2018 par l’interprétation et l’enregistrement de Halka. Ont suivi, successivement, Flis, Hrabina, Verbum nobile, Widma et Paria (toutes ces œuvres, à l’exception de la dernière, figurent déjà au catalogue phonographique de l’Institut ; la sortie de Paria est prévue en août). Stanisław Moniuszko trouva en Biondi et ses musiciens des admirateurs et des défenseurs fervents. Le programme du festival anniversaire comprenait un chef-d’œuvre de l’œuvre de Moniuszko et une icône de l’opéra national polonais : Le Manoir hanté, avec des solistes du calibre d’Agnieszka Rehlis, d’Artur Ruciński et de Mariusz Godlewski, ainsi que l’excellente Mexicaine Karen Gardeazabal, qui a déjà brillé dans le rôle-titre de la Comtesse.
Un autre événement récurrent du programme du festival est l’interprétation et l’enregistrement de l’intégrale des concertos pour violon de Feliks Janiewicz, virtuose renommé de son temps, considéré comme l’un des plus grands d’Europe, et compositeur exceptionnel, aujourd’hui plus connu à Édimbourg qu’à Varsovie. Ces concerts et enregistrements – avec l’extraordinaire soliste Chouchane Siranossian et le meilleur ensemble polonais spécialisé dans l’interprétation historiquement connue, l’Orchestre Martyna Pastuszka – font partie intégrante des deux programmes artistiques de l’Institut depuis l’année dernière ; Le premier album, qui a rencontré un vif succès, est déjà paru, et un autre est prévu pour cette année.
Depuis sa création, le festival « Chopin et son Europe » se distingue par sa capacité à faire revivre la sonorité originelle des œuvres. Interprétées sur instruments d’époque ou copies, ces œuvres nous plongent au cœur de l’atmosphère sonore du temps de Chopin. Des ensembles et solistes de renom, spécialistes du jeu sur instruments anciens, sont régulièrement invités au festival, offrant aux auditeurs et spectateurs un aperçu fascinant du monde magique des époques révolues. Les pianistes jouent sur des pianos issus de la collection de l’Institut, qui abrite un riche ensemble d’instruments de l’époque de Chopin : des Pleyel, Erard et Broadwood célèbres, ainsi qu’une copie d’un piano Buchholtz (l’instrument de Chopin à Varsovie) et un Graf viennois. Souvent, même des virtuoses qui ne s’étaient pas intéressés auparavant aux instruments historiques, fascinés par leur sonorité, les utilisent pour leurs programmes du festival. Parmi les temps forts, citons notamment un DVD de Martha Argerich et Maria João Pires en 2012, et lors du dernier festival – le lauréat du dernier Concours Chopin, Bruce Liu.
Depuis vingt ans, le festival attire des milliers de personnes à Varsovie, dont de nombreux mélomanes venus de Pologne et de l’étranger spécialement pour cet événement. Le festival compte des fans et des auditeurs dans le monde entier, y compris parmi ceux qui ne peuvent se rendre en Pologne en août. Grâce à la collaboration permanente de l’Institut avec la Radio Polonaise (Chaîne 2), les concerts du festival touchent des millions de personnes dans des dizaines de pays. Les événements sont diffusés régulièrement sur la 2 et constituent également une offre très appréciée des stations de l’Union Européenne de Radio-Télévision (UER). Une sélection de concerts est également disponible en ligne, en direct et en VOD, sur la chaîne YouTube de l’Institut.
.Alors que nous nous préparons pour la vingtième édition du festival, nous nous retournons sur le passé, cédant à la tentation des bilans, des analyses et des statistiques. Cependant, je dois avouer sincèrement que, par-dessus tout, je me tourne vers l’avenir. Les amitiés et collaborations artistiques nées du festival, les projets à long terme dont les résultats nous ravissent et nous donnent envie de découvrir la suite, les idées qui attendent d’être concrétisées, le public exprimant sa joie face à de nouvelles expériences musicales – voilà les meilleurs et les plus inspirants repères. Je me souviens très bien du festival « en temps de pandémie » de 2020, où, par un miracle jusque-là inimaginable, nous avons réussi à organiser 27 concerts, y compris avec des orchestres ; la joie des musiciens, qui ont eu l’une des très rares occasions – au monde ! – de se produire sur scène devant un public ; l’enthousiasme du public, qui, malgré les restrictions sanitaires, a assisté à tous les événements ; la synergie véritablement extraordinaire générée par tous, sur scène comme sur scène, a capturé l’essence même de notre métier. L’essence même de la création, de l’expérience et du partage de la musique. Car c’est bien là l’essentiel.



