Petr SKLENÁŘ, Pavel RYSKA: Cette Europe qui n’arrête pas de croître Petr SKLENÁŘ, Pavel RYSKA: Cette Europe qui n’arrête pas de croître

Cette Europe qui n’arrête pas de croître

L’atout majeur des pays d’Europe centrale sont leurs monnaies nationales.

Le choc de la pandémie de COVID-19 et des restrictions imposées par les gouvernements a touché et touchera encore les économies d’Europe centrale. Néanmoins, pour un certain nombre de raisons, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie ont toutes les chances de maintenir une croissance supérieure à la moyenne de l’UE.

Ces dernières décennies, les pays du Groupe de Visegrád sont parmi les leaders de la croissance des échanges extérieurs, les exportations y étant actuellement de 7 à 10 fois plus grandes par rapport à l’année 2000. La part de notre région (64 millions d’habitants, 0,8% de la population mondiale) dans le PIB mondial s’élève à 1,2%, tandis que celle dans les échanges extérieurs dépasse 3,3%. Sans disposer de gisements particulièrement importants de ressources naturelles (pétrole, gaz, minerais), nos pays enregistrent des excédents commerciaux. Ayant réussi, dans les années 1990, une transformation de nos économies, nous sommes aujourd’hui capables d’offrir sur le marché mondial des produits de haute qualité à des prix concurrentiels. Même le choc de la pandémie du COVID-19 n’a pas changé cet état des choses : la Pologne et la République tchèque se préparent en effet à enregistrer des excédents commerciaux records !

On se plaît à souligner que l’économie tchèque dépend en grande partie des performances allemandes, un tiers de ses exportations allant vers son voisin de l’Ouest. Idem pour la Pologne. Nos deux pays sont devenus, en effet, des partenaires commerciaux clés de l’Allemagne. Quant aux importations, la Pologne et la République tchèque sont, pour l’Allemagne, respectivement, les partenaires numéro 5 et 7. Seuls la France, les États-Unis, les Pays-Bas et la Chine vendent plus aux Allemands. A titre d’exemple : les échanges annuels entre l’Allemagne et la République tchèque dépassent 92 milliards d’euros (soit l’équivalent des exportations conjointes de la Russie et de la Turquie vers l’Allemagne).

Bien que hors de la zone euro (ou plutôt grâce à cela), la Pologne, la République tchèque et la Hongrie renforcent leur position dans le commerce avec l’Allemagne. Conserver les monnaies nationales, avec le régime de changes flottants, permet à leurs économies de réagir aux chocs extérieurs. Et la dernière décennie a été marquée par trois chocs importants : la crise financière, la crise de la zone euro et le COVID-19. L’exemple de la Slovaquie est, à ce titre, plus que probant : entre 2000 et 2008, elle a enregistré, parmi tous les pays de la région, la plus grande croissance des exportations vers l’Allemagne, tandis qu’après l’adoption de l’euro en 2009, ses performances dans ce domaine l’ont fait passer à la dernière place parmi les pays du groupe V4. Pouvoir réagir en temps de crise à travers un affaiblissement de sa monnaie permet de favoriser les exportateurs, ce qui est beaucoup plus avantageux que le régime de taux de change fixe aux moments d’accalmie relative. Les monnaies nationales sont sans conteste un atout pour les pays de notre région.

Un autre atout du groupe V4 est sa stabilité macroéconomique. La dette publique de la Hongrie s’élève, certes, à 70% du PIB (à la moitié de 2020), mais elle se situe bien en dessous de la moyenne de l’UE (88%) et de la zone euro (95%). L’inflation dans les pays de V4 était ces derniers temps un peu plus significative, mais elle reste tout de même très stable, avoisinant 3%. Le taux de chômage en République tchèque et en Pologne est de l’ordre de 3% environ, ce qui place les deux pays en tête de l’UE. En Hongrie, le chômage se maintient au niveau de 4,5% environ, plus ou moins la moitié de la moyenne dans la zone euro. Tous les pays de V4 enregistrent des excédents commerciaux. Le chômage minimum et la dette publique relativement basse influent positivement sur la condition du secteur financier et banquier.

L’Europe centrale entame la nouvelle décennie avec de meilleures perspectives de développement que la plupart des pays européens. Pour réussir, nos pays doivent continuer les politiques économiques conservatrices, en évitant d’imposer aux entreprises de nouvelles régulations qui entraveraient leur fonctionnement.

Petr Sklenář, Pavel Ryska

Texte publié dans le mensuel Wszystko Co Najważniejsze (Pologne) dans le cadre d’un projet réalisé avec la Bourse de Varsovie (GPW).

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