Prof. Aleksander SURDEJ: Éducation et investissements patients les clés polonaises pour accroître l’innovation Prof. Aleksander SURDEJ: Éducation et investissements patients les clés polonaises pour accroître l’innovation

Éducation et investissements patients les clés polonaises pour accroître l’innovation

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Prof. Aleksander SURDEJ

Ambassadeur de la Pologne auprès de l'OCDE, économiste, professeur de l'Université économique de Cracovie.

Ryc.Fabien Clairefond

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La réduction par la Pologne, ces dernières trois décennies, de la distance de développement d’un niveau de 40 % env. à plus de 70 % du revenu moyen per capita dans les pays de l’UE est un exploit considérable. Poursuivre cette trajectoire sera difficile si la Pologne n’augmente pas le degré d’innovation de ses entreprises lequel, mesuré par le degré d’avancement technologique des produits exportés, se situe autour de la moyenne des pays membres de l’OCDE.

.Pour accroître l’innovation, il faut une politique déterminée de l’État, car ses principaux facteurs – science, éducation, institutions régulatrices et absence d’entraves pour l’esprit d’entreprise – sont des biens publics fournis par l’État.

Une nation qui a recouvré son pays en 1918, après 123 années d’occupation, ne pouvait pas disposer d’un système d’éducation supérieure de grande qualité en 1891 quand Marie Skłodowska prenait la décision de partir continuer ses travaux dans des instituts de recherche en France. Plus tard, l’organisation de l’économie communiste et la dépendance à l’Union soviétique faisaient que les plus grandes réalisations scientifiques étaient l’œuvre de Polonais qui après la Seconde guerre mondiale n’étaient plus retournés au pays de nouveau asservi. Les prix Nobel de Polonais travaillant aux États-Unis – celui de 1977 d’Andrzej Schalla en médecine, celui de 2007 de Leon Hurwicz en économie – en sont une preuve manifeste.

Tout comme l’éducation, l’esprit d’entreprise a, lui aussi, beaucoup souffert des aléas de l’histoire. Dans les conditions des partages et des soumissions consécutives, les entrepreneurs polonais peinaient à contourner les contraintes discriminatoires des oppresseurs, tandis que l’économie bureaucratisée communiste allait même jusqu’à pénaliser l’esprit d’entreprise.

Depuis quelques années, la Pologne a dynamisé ses actions en faveur de la création de meilleures conditions d’accroissement de l’innovation de l’économie polonaise : le budget de l’éducation supérieure et de la R&D est en hausse constante, on met en place de nouvelles solutions de régulation (de fortes incitations fiscales pour les innovateurs) et la politique du gouvernement est tournée vers le soutien des innovations dans les industries fournissant à la Pologne des énergies, des transports et de l’air plus propres.

La Pologne augmente le budget de l’éducation et les élèves polonais sont désormais en tête du classement PISA – surtout dans les domaines STEM. On renforce les organismes de recherche spécialisés dans les sphères ayant trait à la robotisation et la numérisation. Par contre, les budgets que les entreprises privées allouent à la R&D sont trop modestes. Les entreprises polonaises sont, en effet, toujours trop petites pour consacrer des moyens considérables à même d’apporter des innovations significatives.

Les budgets pour l’innovation devraient être assurés par des entités capables de mesurer le risque et supporter d’éventuels effets négatifs d’un échec. Le gouvernement polonais a décidé donc de soutenir la création d’entités venture capital qui avec le temps seront capables de supporter pleinement le risque d’investir dans l’innovation.

.Les exemples d’autres pays qui parviennent à accroître la performance en innovation – Finlande, Israël, Corée du Sud – montrent que le décalage entre l’investissement et le résultat positif final peut être même de deux décennies. Conscient que l’accroissement de l’innovation sera un processus de longue haleine, le gouvernement polonais pousse la Pologne sur ce chemin.

Aleksander Surdej

Texte co-publié avec le mensuel polonais „Wszystko Co Najważniejsze” dans le cadre d’un projet réalisé avec l’Institut de la mémoire nationale (IPN) et Narodowy Bank Polski (la banque centrale polonaise NBP).

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