Artur PARTYKA: Łódź, je l’ai dans mon cœur

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Łódź, je l’ai dans mon cœur

Artur PARTYKA

Athlète, sauteur en hauteur, médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992, et d’argent aux Jeux olympiques d’Atlanta en 1996. Activiste sportif à Łódź, engagé, depuis de nombreuses années, dans l’organisation de manifestations d’athlétisme en Pologne.

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Je me réjouis de la perspective de voir, encore de mon vivant, une Łódź complètement différente. Ce sera une grande joie de vivre ce moment. Et c’est une grande joie d’y prendre part. Nous sommes un fantastique groupe de gens pour qui la vie a été juste un peu plus difficile. Łódź doit agir comme dans le sport – avoir zéro complexes, croire en soi et aller de l’avant. Tout réussira – écrit Artur Partyka

.Il est d’usage de comparer Łódź à Detroit, on dit que les histoires de ces deux villes ont beaucoup en commun – des années de prospérité, la faillite, la reconstruction. Quelqu’un a dit, et bien dit, que la période de faillite que traversait Detroit, Łódź l’avait connue à la charnière des années 80 et 90 du siècle passé. C’est une image que je garde toujours en mémoire : toutes les cheminées, l’une après l’autre, se sont subitement arrêtées de fumer, les gens ont cessé de sortir de chez eux. Il n’y avait plus de travail, le marché des commandes s’est effondré. Il n’y a pas une autre région en Pologne à avoir autant perdu de la transformation.

Ces huit – dix dernières années, nous avons fait un bond en avant avec les infrastructures, mais le travail, il y en a encore pour au moins une vingtaine d’années. La revitalisation du centre attend son heure. Je pense que dans deux, trois ans, les alentours de la gare Łódź Fabryczna vont se refaire une beauté. Je lis et j’entends parler d’énormes investissements qu’on prévoit à Łódź. Des fonds réels commencent à y affluer. Récemment, une des grandes banques a annoncé vouloir embaucher un millier de personnes dans son centre de Łódź. Toutes ces décisions ont une justification économique. Elles reposent sur des prévisions à long terme.

Il a fallu presque deux décennies pour que, grâce à la créativité et l’ingéniosité des gens, Łódź puisse se relever.

Quand nous organisons Orlen Cup et parlons aux hôteliers, ceux-ci nous disent que, depuis deux ans, ils constatent que ça bouge dans la ville. Il y a plein de grosses entreprises polonaises qui justement à Łódź organisent leurs réunions centrales de formation, car la ville se trouve au milieu de la Pologne. Son emplacement est un atout considérable, d’autant plus que l’autoroute vers le nord a rapproché Łódź de la mer et une grosse partie de la Pologne de Łódź.

Les gens qui craquent pour cette ville se font de plus en plus nombreux. Łódź, c’est les gens – les gens avant tout. Il y a ici un climat spécial, dû peut-être à l’école de cinéma, mondialement connue, ou peut-être à la proximité de Varsovie. Il m’arrive souvent, d’ores et déjà, de prendre ou de donner rendez-vous à Varsovie. Une heure de train, le rendez-vous lui-même, et le retour, cela prend trois heures à peine. Le voyage, je ne le sens même pas.

Le problème à Łódź, pendant des décennies, c’était que les gens qui venant ici étudier, par masses entières, ne voulaient pas s’établir pour de bon une fois leurs études terminées. Seule une infime partie le faisait. Nous n’avions rien pour les arrêter. Maintenant, il y a de fortes chances que Łódź devienne attrayante pour les jeunes diplômés. La proximité de la capitale, son emplacement au centre du pays, le coût de la vie concurrentiel – tout cela devrait inciter les gens à y rester, à y payer leurs impôts, à y investir leur argent. C’est toute une chaîne – il faut seulement inventer des évènements et des attractions pour les séduire.

Nous avons vécu une période faste quand Cracovie n’avait pas encore sa Tauron Arena, cette salle ominisports polyvalente. C’était l’époque où toutes les plus grandes stars de musique du monde venaient à Łódź. Notre salle Atlas Arena faisait venir des gens de toute la Pologne. Maintenant, Cracovie a son Arena, Varsovie son Stade National, bientôt ce sera le tour de Gliwice d’avoir sa salle. Nous devons fructifier l’emplacement central de Łódź, apporter plus d’efforts dans la promotion de notre salle, car la concurrence est aux aguets.

Dans la ville elle-même je vois un immense changement. Quand, il y a trois ans, nous organisions à Łódź, pour la première fois, un meeting d’athlétisme, la rue principale, alors en travaux, ressemblait à un immense fossé. C’était même très difficile de s’imaginer de quoi la rue aurait l’air une fois les travaux terminés. Nous avions des problèmes logistiques cauchemardesques, la ville étant complètement bouchée. Maintenant, une partie de ces travaux stratégiques est derrière nous, la voie Est-Ouest est prête, ainsi que la gare des trains.

La dynamique de revitalisation est bien perceptible, il y a de plus en plus de jolis endroits, de plus en plus d’espaces urbains rénovés avec détermination. Une chance s’offre à nous pour améliorer l’aspect visuel de la ville tout entière. C’est pour moi très symptomatique : il y a encore deux ans, quand je donnais rendez-vous à quelqu’un qui ne venait pas de Łódź, je choisissais un endroit à la périphérie, pour éviter d’entrer dans le centre-ville. Maintenant, on n’en a absolument plus besoin.

Pour beaucoup, Łódź fait penser au sport, aussi à ma personne. Bon nombre de gens respectent Łódź pour ses volleyeuses, le rugby et, toujours et encore, pour l’athlétisme. Nombreuses sont les personnalités du sport qui s’identifient à cette ville. Moi-même, je suis un enfant du sport de Łódź. Je suis arrivé ici en 1975. Marcin Gortat parle beaucoup et bien de sa ville natale, il s’engage beaucoup. Adam Kszczot a eu plein de belles propositions, mais reste toujours sentimentalement très attaché à Łódź. Il y a Jurek Janowicz qui brille aujourd’hui sur les courts du monde entier, mais garde Łódź en lui. Évidemment Zbyszek Boniek – la Juventus, mais aussi Widzew Łódź, l’équipe qui, soit dit en passant, évolue en quatrième division (niveau du CFA français) et peut se targuer d’avoir vendu 15 000 carnets cette saison. C’est le meilleur résultat en Pologne. Ni Lech Poznań ni Wisła Cracovie n’en ont vendu plus, alors que ce sont des clubs qui évoluent en première division. En plus, il y a mon club chéri, ŁKS, avec lequel j’ai été lié pendant vingt ans.

Dans le sport se cache, à mon avis, un considérable potentiel de promotion de Łódź. Ce serait génial de trouver une voie de promotion par le sport dans la stratégie de la ville. C’est une voie qui paie.

On pourrait penser que je tire la couverture de mon côté. Mais dans beaucoup d’endroits dans le monde la narration se fait à travers le sport. Qui connaîtrait aujourd’hui la petite ville de Villarreal, située non loin de Valence en Espagne, s’il n’y avait pas eu le fameux club de football ? En Allemagne et en France, il y a beaucoup de petites villes qui ont fait leur marketing sur le fait d’organiser des manifestations sportives spectaculaires. Via la compétition d’athlétisme organisée à Łódź (qui, par le passé, se déroulait à Bydgoszcz et Opoczno), nous pouvons, petit à petit, construire la marque Łódź – ville d’athlétisme. D’autant plus que la ville est un partenaire important et bienveillant de cette compétition.

Grâce au sport, j’ai appris à ne pas avoir de complexes. Je suis un grand fan de nos possibilités, nos talents et notre ingéniosité. 

Rien que d’être en compétition pour l’Expo 2022 est la preuve que nous avons des aspirations, une voie bien choisie, une stratégie, du courage. C’est bien que les autorités centrales s’engagent. C’est la preuve aussi qu’il n’y a pas que nous, ici, qui voyons le potentiel de Łódź.

Nous, les gens de Łódź, nous n’avons vraiment pas de quoi avoir honte. Nous savons travailler, inventer, nous sommes actifs et intelligents. C’est le sport qui m’a appris tout cela. Je me souviens bien encore de ces temps où je m’entraînais dans le froid, au centre d’entraînement de Spała, essayant de dégoter de l’argent pour m’acheter des chaussures à pointes ou des vêtements de sport convenables. Mais quand venait le temps de la lutte sportive, tout le reste était sans importance – il n’y avait plus que la barre et la rivalité.

Je me souviens quand, enfant, je venais à Łódź avec ma mère et ma grand-mère. Nous arrivions du côté de Tomaszów. Aujourd’hui, cette route ne ressemble plus du tout à celle d’autrefois, il n’y reste peut-être qu’un bâtiment de cette époque-là.

Je me réjouis de la perspective de voir, de mon vivant, une Łódź complètement différente. Encore 15-20 ans. Ce sera une grande joie de vivre ce moment. Et c’est une grande joie d’y prendre part. Nous sommes un fantastique groupe de gens pour qui la vie a été juste un peu plus difficile. Łódź doit agir comme dans le sport – avoir zéro complexes, croire en soi et aller de l’avant. Tout réussira

En février dernier, Tomek Majewski, venu commenter Orlen Cup pour la télévision, m’a avoué ne pas pouvoir refuser la proposition car il voulait absolument voir la gare Łódź Fabryczna. « Chapeau bas, notre gare de Warszawa Centralna n’arrive pas à la cheville de la vôtre » a-t-il fait.

Artur Partyka

 

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