Jerzy KWIECIŃSKI: L’Union européenne fusible de la souveraineté polonaise

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L’Union européenne fusible de la souveraineté polonaise

Jerzy KWIECIŃSKI

Ministre des investissements et du développement.

Ryc.Fabien Clairefond

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Les pays souverains membres de l’Union européenne décident de la force de toute la Communauté dans sa rivalité avec les autres régions du monde. En entrant dans l’UE, nous avons apporté en capital un marché de 38 millions de consommateurs et un fort potentiel économique. En échange, nous avons obtenu des frontières ouvertes, l’accès au marché du travail, aux marchés publics et aux fonds européens (environ 700 milliards de zlotys pour la seule politique de cohésion depuis 2004). Ainsi, 56% des Polonais assimilent l’UE à quelque chose de positif. Le mariage avec l’UE est donc une situation classique de gagnant-gagnant. Mais avons-nous tout fait pour mieux profiter de ces 15 dernières années ?

Bien que nous ayons réduit l’écart avec les plus riches économies occidentales, la réponse n’est pas si univoque. En 2004 encore, le PIB polonais par habitant ne dépassait pas la barre de 50 % de la moyenne de l’UE. En 2017, il a atteint 70 %. Selon le FMI, en 2019 nous doubleront non seulement la Grèce, mais aussi le Portugal. Pourtant, parmi les 20 régions européennes ayant un PIB per capita au-dessous de la moyenne se trouvent toujours trois voïvodies polonaises : celles de Warmie-Mazurie, Basses-Carpates et Lublin. Cela montre que le modèle de polarisation-diffusion n’a pas apporté les effets escomptés.

La croissance du PIB polonais entre 2004 et 2018 a été l’une des plus importantes dans l’UE. Les budgets de la recherche et du développement montrent pourtant que nous n’avons pas suffisamment pris soin de l’avenir. Bien que les fonds européens aient joué un rôle crucial après notre adhésion à l’UE, beaucoup d’euros consacrés surtout aux innovations auraient pu être dépensés plus judicieusement.

La Pologne commence lentement à marcher sur ses propres jambes et devient de moins en moins dépendante de fonds européens. Si en 2013 leur part dans les investissements publics s’élevait à 52 %, en 2017 ils dépassaient légèrement la barre de 30 %. Il y a, en fait, de plus en plus de programmes que nous sommes en mesure de financer avec nos propres ressources budgétaires.

Nos besoins d’investissements restent pourtant toujours énormes. C’est pourquoi nous accordons autant d’importance aux résultats des négociations budgétaires pour les années 2021-2027. La première proposition de la Commission européenne ne nous satisfait pas. Nous sommes évidemment conscients d’être de plus en plus riches, et que rien que pour cela les fonds qui nous parviendront seront moindres. Mais nous savons également que l’UE est confrontée à de nouveaux défis. D’où notre proposition d’augmenter la contribution au budget commun pour justement ne pas affaiblir la politique de cohésion et la politique agricole commune. De plus, nous ne voyons pas de champ pour lier les fonds européens à l’État de droit. Ce sont deux mondes complètement différents. Les fonds sont une planète des faits, l’État de droit – une planète des opinions. Les négociations sont en cours et nous tenons à ce que dans la politique de cohésion la cohésion l’emporte sur la politique.

Le plus grand bénéfice pour notre pays d’être membre de l’Union européenne reste le fait qu’elle constitue un fusible de notre souveraineté et ceci malgré le paradoxe que nous avons dû déplacer une partie de cette même souveraineté au niveau de la communauté. C’est en effet le sort de tous les pays membres.

.Il n’y a aucun doute que l’UE nécessite des réformes. Or, la vision centraliste, telle que prônée récemment dans une tribune par Emmanuel Macron, n’est pas le remède. Au lieu d’imposer une idée fédéraliste de la communauté il vaudrait mieux ressusciter et moderniser la vision promue dans le passé par le grand homme d’État français le général Charles de Gaulle. Le fondateur de la Ve République était un fervent défenseur d’une Europe reposant sur des États-nations forts. C’est l’ « Europe des patries » par opposition, comme disait le général, à l’ « Europe supranationale des technocrates ». Selon lui, ce qui façonne la réalité européenne, ce ne sont pas des institutions abstraites mais des nations et des États réellement existants, avec leurs gouvernements et institutions. Il se peut que ce soit cette abstraction justement, en plus du manque de sentiment de lien, qui se cache derrière la décision britannique sur le brexit, ce qui constitue à mon avis l’un des plus cuisants revers de l’Union européenne sous sa forme actuelle et avec les tendances qui y dominent.

Jerzy Kwieciński

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