Pologne. Le président Nawrocki annonce travailler sur un nouveau projet de constitution

A l’occasion de la fête de la Constitution du 3 mai, le président polonais Karol Nawrocki a annoncé avoir nommé une commission chargée de l’élaboration d’un nouveau projet de constitution pour la Pologne. Il a en outre rappelé que la Pologne a toujours été un Etat moderne arrimé à l’Occident.
.Ce dimanche 3 mai 2026 les Polonais fêtaient la proclamation de la Constitution de 1791, la première d’un grand Etat européen (la seconde si l’on prend en considération la Constitution corse de Pascal Paoli) et la seconde du monde après celle des Etats-Unis. C’est la première fois que le président Karol Nawrocki présidait la cérémonie principale, qui s’est déroulée vers midi sur la place du Château Royal, près de la vieille-ville.
Dans son discours, Karol Nawrocki, élu à la tête du pays en juin 2025, a rappelé que la Pologne a toujours été un Etat moderne arrimé à l’Occident, en témoigne la promulgation de la Constitution de 1791. Ce document, préparé par le roi Poniatowski et voté par le Parlement, dotait la Pologne de réformes dans elle avait besoin à l’époque, notamment en réorganisant les rôles des institutions et en donnant davantage de pouvoir au roi face à la noblesse. Cependant, le texte ne restera pas en vigueur longtemps. En 1793 puis 1795, la Pologne est abattue par ses puissants voisins la Prusse, l’Autriche et la Russie. La Constitution du 3 mai restera un symbole de l’indépendance polonaise et cette date est aussi devenue un jour férié national en Pologne.
Le président a déclaré que les Polonais avaient su réformer leur Etat seuls, sans chercher d’aide ou d’influences étrangères, ce qui avait suscité l’admiration dans les pays libéraux comme le Royaume-Uni, mais la rage dans les autocraties comme la Russie. Karol Nawrocki a aussi évoqué la situation politique actuelle en Pologne et les deux camps qui se font face: le gouvernement aux mains du centre-gauche et le palais présidentiel contrôlé par la droite. Dans ce contexte, il a annoncé avoir mis sur pied une commission chargée de travailler sur un nouveau projet de constitution dont l’objectif sera de rompre avec la paralysie des institutions.
«Je ne dirai pas aujourd’hui à la nation quel système nous devrions choisir: un système gouvernemental ou un système présidentiel. Mais je vous dis que cette situation est intenable. Nous ne pouvons plus tolérer que le pouvoir en Pologne soit divisé entre deux centres. C’est pourquoi j’ai créé aujourd’hui un nouvel organisme fondation: le Conseil pour une nouvelle constitution. Nous entamons les travaux d’une constitution de nouvelle génération pour 2030», s’est justifié Karol Nawrocki. Parmi les membres du Conseil on peut noter la présence d’éminentes personnalités comme l’ancien président de la Diète Marek Jurek, l’ancien président du Sénat le professeur Ryszard Legutko et l’ancien vice-président du Parlement européen le professeur Zdzislaw Krasnodebski.
.La tâche de cette commission de travail ne sera pas aisée: le gouvernement de Donald Tusk a refusé d’emblée de contribuer aux efforts visant à doter la Pologne d’une nouvelle constitution (l’actuelle date de 1997 et est souvent qualifiée de «constitution de transition») et a critiqué les «manœuvres politiciennes» de Karol Nawrocki, étant donné que celui-ci «ne dispose d’aucune majorité pour faire voter son projet». De con côté, la droite accuse le gouvernement de refuser de se pencher sur les nécessaires réformes dont aurait besoin l’Etat pour «s’adapter aux réalités du XXIème siècle».
Le discours du président a été suivi d’un court défilé militaire, toujours sur la place du Château Royal. Karol Nawrocki a ensuite remonté la rue Krakowskie Przedmiescie parmi la foule de Polonais venus assister à son discours. Une fois de retour au Palais, il a participé à une cérémonie de remise de décorations puis a pris part à une réception donnée dans les jardins présidentiels à laquelle étaient invités les membres du corps diplomatique ainsi que des personnalités du monde politique, des arts et des médias.
Nathaniel Garstecka







