Sir Antony BEEVOR: Aurions-nous pu éviter cette guerre?

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Aurions-nous pu éviter cette guerre?

Sir Antony BEEVOR

Historien britannique, auteur de best-sellers traduits en 32 langues et vendus à plus de 8 millions d’exemplaires.

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C’est une grande erreur que de mesurer notre adversaire selon notre propre logique – écrit sir Antony BEEVOR

.L’Europe aurait-elle pu éviter la Seconde Guerre mondiale ? Non. Tout simplement parce que le chef du III Reich, pays disposant de la plus efficace machine de guerre sur le continent, avec détermination tendait au conflit.

L’aversion des dirigeants britanniques et français pour une confrontation avec Hitler venait du principe, injustifié, que le dictateur allemand, tout comme eux, ferait des pieds et des mains pour éviter que ne se reproduise la sombre expérience des années 1914-1918. C’était pourtant sans se rendre compte de la rage du Führer de voir ses projets de guerre sabordés en septembre 1938. Cela ne signifie pas pour autant que lors de la conférence de Munich (29-30 septembre 1938) personne n’avait la conscience du cours que prenaient les choses.

Car il y avait ceux qui savaient. Avant tout Winston Churchill et son entourage dont le grand-père de ma femme Duff Cooper, à l’époque premier Lord de l’Amirauté, qui avait démissionné en protestation contre le partage de la Tchécoslovaquie avalisé à Munich. Même le Premier ministre britannique Neville Chamberlain, qui défendait cet accord, n’avait pas de doute que la guerre approchait, surtout après l’entrée des nazis à Prague et l’annexion du reste de la Tchécoslovaquie en mars 1939. Quoi qu’il ne fasse, il était trop tard. Il ne lui restait que de s’agripper à l’espoir de trouver un moyen de prévenir l’éclatement d’un conflit d’envergure. Pareil pour les Français : ils partageaient l’espoir de Chamberlain, tout en sachant pertinemment qu’ils n’étaient pas préparés à une guerre en Europe. C’est pourquoi, lors du débat à l’assemblée nationale après l’invasion de la Pologne par l’Allemagne le 1er septembre, personne n’a employé le mot « guerre ». 

.Quelle leçon pouvons-nous en tirer ? Que mesurer un adversaire selon notre propre logique est une grosse erreur. Il faut rentrer dans sa tête, penser avec ses façons de penser. Sinon, on peut tomber dans le piège d’un faux principe, comme s’est arrivé à Munich.

Sir Antony Beevor

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