Tomasz MŁYNARSKI: Histoire - l’alliance clé entre Paris et Varsovie

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Tomasz MŁYNARSKI

L'Ambassadeur de la Pologne en France.

Ryc.Fabien Clairefond

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80 ans après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, la France conserve un rôle clé parmi les alliés de la Pologne – écrit Tomasz MŁYNARSKI

.Pour la Pologne, septembre 1939 fut une double tragédie. 20 ans seulement après avoir retrouvé son territoire et son indépendance, mon pays disparut de nouveau de la carte de l’Europe. Et comme au XIXe siècle, ses deux voisins s’entendirent sur le partage de l’état renaissant. L’invasion par l’Allemagne nazie le 1er septembre précéda d’à peine deux semaines l’incursion des armées de l’URSS sur les territoires orientaux de la Pologne. Abandonnés à leur sort, malgré une défense héroïque, les Polonais n’eurent aucune chance face à la supériorité des forces des deux agresseurs.

Cependant, jamais ils ne cessèrent de lutter, tant sur le territoire polonais qu’à l’étranger. Et c’est la France qui fut, dès l’automne 1939, le centre de commandement de cette lutte. Le gouvernement polonais en exil s’installa ici à Paris puis à Angers. De là, il élabora la création de l’État clandestin en Pologne – la plus grande organisation clandestine de ce type dans l’Europe occupée par les Allemands. C’est aussi ici qu’il organisa les troupes polonaises qui en 1940 défendirent la France.

Le choix de la France pour accueillir le premier siège du gouvernement du général Władysław Sikorski fut tout à fait naturel. Depuis la création en France en 1917 de „l’Armée bleue” et la signature d’accords politiques et militaires en 1921, Paris était la meilleure alliée de Varsovie en Europe. C’est pourquoi, la défaite de la France en 1940 et l’instauration du régime de Vichy fut le coup le plus dur pour cette alliance.

La défaite de la France n’affaiblit pas le désir des Polonais de libérer le continent du joug nazi. De la bataille d’Angleterre aux sables de Tobrouk, de Monté Cassino à la Normandie, les Polonais, persuadés que la France ou la Grande-Bretagne libres les rapprocheraient de la Pologne libre, étaient prêts à se battre sur tous les fronts. 

C’est pourquoi les soldats de la 1ère Division blindée sous le commandement du général Stanisław Maczek combattirent en 1944 dans le bocage normand puis en Belgique et aux Pays-Bas avec un tel enthousiasme. La route qui conduisit ces soldats à la campagne de Normandie fut longue. Les unités impliquées dans la défense de la Pologne en septembre 1939 furent reconstituées en 1940 en Grande-Bretagne. Arrivées en France en 1944, elles avaient soif de victoires sur l’ennemi qui leur avait arraché leur patrie cinq ans plus tôt. Il y a quelques jours à peine, nous avons célébré le 75e anniversaire de leur victoire à Falaise, la bataille qui fut leur premier baptême de feu majeur et un test pour les soldats de la division. Nous nous souvenons également de l’implication de la marine polonaise lors du débarquement des Alliés en Normandie et donc de notre contribution à la libération de la France. Au cours de l’opération alliée en Normandie, l’ORP Dragon soutint les unités britanniques débarquant à Sword Beach (Hermanville-sur-Mer), ainsi que leurs actions dans la phase ultérieure de l’opération terrestre.

.L’anniversaire du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale évoque un moment charnière de l’histoire de nos nations. S’appuyant sur la proximité de l’alliance entre Paris et Varsovie d’avant ce conflit, nous œuvrons aujourd’hui également pour la sécurité de l’Europe dans le cadre d’alliances politiques et militaires au sein de l’UE et de l’OTAN.

œuvre protégée par droit d'auteur. Toute diffusion doit être autorisée par l'éditeur 30/08/2019