Frère ALOIS, Communauté de Taizé: Amour du Frère Roger pour la Pologne

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Amour du Frère Roger pour la Pologne

Br. ALOIS z Taizé

Prieur de Taizé, est né en Allemagne en 1954, il est entré dans la communauté en 1974. Il a été désigné comme successeur en 1998 et il est devenu prieur après la mort tragique de frère Roger. Il a accompli, avant la chute du mur de Berlin, de nombreux voyages dans les pays d’Europe de l’Est pour y soutenir les chrétiens. Très intéressé par la musique et la liturgie, il a composé certains des Chants de Taizé.

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Cinquante ans après, on ne peut pas souligner assez la grandeur du geste des évêques polonais (dont le futur Saint Jean-Paul II), lorsque, vers la fin du concile Vatican II, le 18 novembre 1965, ils invitèrent les évêques allemands «au dialogue, au pardon réciproque et à la fraternité», et qu’ils conclurent leur message par ces paroles exceptionnelles: «Nous pardonnons et nous demandons pardon.» Cette main tendue a changé le cours de l’histoire.

Comme précédemment entre la France et l’Allemagne, une réconciliation entre la Pologne et l’Allemagne semblait humainement parlant impossible. Mais la foi du peuple polonaisa toujours été la source d’une persévérance dans l’espérance, même au cours des périodes les plus sombres de son histoire. Portes par cette foi de tout un peuple, et sans crainte d’être contredits même par le gouvernement de leur propre pays, les évêques ont pris une initiative courageuse. Elle a permis, vingt ans après la fin de la guerre, que commence une guérison des blessures. Cela créait une des bases pour la construction de l’Europe.

Rendant hommage aujourd’hui au geste si fort des évêques de Pologne, je suis heureux que cela me donne l’occasion de rappeler combien frère Roger était attaché au peuple polonais dès le début de sa vie. Jeune étudiant déjà, il a souffert profondément de l’invasion de la Pologne qui a commencé la Deuxième Guerre mondiale, nous en avons le temoignage par une lettre qu’il écrivait le 19 septembre 1939 à un ami.

Plus tard, à Taizé, il a approfondi ce lien. Apprenant à connaitre des intellectuels polonais comme Aniela Urbanowicz, cofondatrice du Club des Intellectuels Catholique (elle fut en 1960 parmi les premiers Polonais à visiter notre communauté), puis Jerzy Turowicz, qui devint pour lui un ami personnel à Rome durant le concile Vatican II, il a acquis la forte conviction que la foi était un trésor que le peuple polonais avait reçu et pouvait partager avec beaucoup d’autres. «De Pologne viendra un printemps de l’Église», déclarait-il un jour en Allemagne, peu avant l’élection du pape Jean-Paul II. Frère Roger comprenait que dans leur foi les Polonais puisait un courage qui leur permettait des initiatives comme la Lettre des évêques, des initiatives qui contribuerait à la construction de la paix en Europe.

Frère Roger a beaucoup aimé être au contact des expressions populaires de cette foi, notamment en répondant àa quatre reprises, dans les années 1970, à l’invitation à s’exprimer lors du pèlerinage des mineurs de Piekary Śląskie. Il était touché par l’humilité de leur amour pour Dieu et pour l’Église et il leur disait que la Vierge Marie elle aussi, dans son humilité, n’avait pas pu savoir combien le oui de sa foi serait important pour des multitudes à travers la terre.

Après le changement de regime, frère Roger a été très heureux de voir de si nombreux jeunes Polonais venir à Taizé. Il discernait en eux un même courage malgré toutes les modifications qui s’opéraient. Et la première rencontre européenne de jeunes qui a pu être organisée en Europe centrale l’a été préecisément en Pologne, à Wroclaw, en décembre 1989. Des dizaines de milliers de jeunes européens ont pu alors découvrir la chaleur de l’accueil polonais.

Frêre Roger a connu Saint Jean-Päul II déjà au concile Vatican II, alors qu’il était encore jeune évêque auxiliaire, et ce fut le début d’une longue relation de confiance. Comme archevêque, Karol Wojtyła est venu deux fois à Taizé, il est revenu une fois comme pape. A Rome, frère Roger lui rendait visite chaque année, et pour lui ce pape polonais etait un don de Dieu non seulement pour l’Église catholique mais pour toute la famille humaine.

Pour nous les frères, pour moi en particulier, l’amour pour la Pologne fait partie de l’héritage de frère Roger. Nous continuons à nous appuyer sur la foi et sur la prière de tant de Polonais. Et je voudrais dire combien il est essentiel que le trésor de foi de ce peuple reste vivant. Cela nécessite sûrement des «aggiornamentos», comme disait le saint pape Jean XXIII, des adaptations, pour que les jeunes générations découvrent comment vivre la foi de toujours dans un monde qui change. J’ai confiance que les Polonais trouveront ce chemin.

Frère Alois

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