Jarosław GOWIN: Le bond civilisationnel viendra du développement de la science et de la recherche

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Le bond civilisationnel viendra du développement de la science et de la recherche

Jarosław GOWIN

Vice-Premier ministre, ministre de la Science et de l’Enseignement supérieur. Entre 2011 et 2013 ministre de la Justice. Fondateur et président du parti Polska Razem (La Pologne ensemble). Diplômé en histoire de la philosophie à l’Université Jagellon. Ancien rédacteur en chef de la revue « Znak » et l’un des initiateurs des « Journées Józef Tischner ». Il habite et travaille à Cracovie.

Ryc.Fabien Clairefond

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Les pays qui réussissent sont non seulement ceux qui attirent des investissements étrangers mais qui savent aussi bâtir leur économie sur leurs propres capitaux, développer leurs technologies et produits ainsi que soutenir leurs entreprises locales – les PME en particulier. Et tout cela reposant évidemment sur des règles du marché stables et claires, et sur un soutien raisonnable de la part de l’État – écrit Jarosław GOWIN

.Les données parlent pour elles-mêmes : le secteur des PME est le moteur de notre économie : il génère la moitié du PIB polonais et embauche dans notre pays 67% des travailleurs.

Que se cache-t-il derrière ces statistiques ? Un fait fondamental : les indéniables succès enregistrés par la Pologne depuis 1989 sont, dans une large mesure, le fruit de ceux qui ont agi MALGRÉ L’ÉTAT. Malgré les régulations peu claires et n’arrêtant pas de changer. Malgré le chaos fiscal. Malgré la lenteur des tribunaux. Malgré les exigences bureaucratiques à une échelle jamais vue dans les autres pays. Malgré l’indifférence – et, parfois, hélas, aussi l’hostilité de certaines administrations. Malgré l’inaction de l’État vis-à-vis de la concurrence déloyale.

De nouvelles tranches de propositions facilitant la vie des entrepreneurs, un soutien complexe aux exportations sous l’égide du Fonds national du développement, ou encore des projets destinés à alléger les petits et moyens entrepreneurs sont des mesures sur lesquelles nous travaillons dans le cadre de mon groupement politique. Ce sont des réformes que le monde de l’entreprise attend depuis des années.

De la perspective du Ministère de la Science et de l’Enseignement supérieur, je vois combien il est nécessaire, pour permettre un bond civilisationnel de la Pologne et l’élévation constante du niveau de vie des Polonais, de développer la science et la recherche. Nous ne bâtirons pas une économie forte sans des technologies innovantes et des produits concurrentiels que pourraient vendre les entreprises polonaises. Pour faire cela, il nous faut cependant des universités et des instituts de recherche dûment financés et bien organisés, ainsi qu’un grand nombre de scientifiques talentueux.

La loi dite Loi 2.0, élaborée au Ministère de la Science et de l’Enseignement supérieur et qui doit entrer en vigueur le 1er octobre 2018, créera des conditions qui vont libérer le potentiel de nos chercheurs et maîtres de conférences, nos doctorants et étudiants. Mon ambition est que les jeunes scientifiques polonais qui, ces dernières années, ont choisi de faire carrière à l’étranger, reviennent au pays.

Nous ne manquons pas, en effet, de gens intelligents et talenteux. La mission du Ministère de la Science et de l’Enseignement supérieur est d’assurer une aide systémique au développement de leurs savoir-faire, de soutenir leurs créativité, mobilité et élasticité ainsi que de lutter contre les absurdités bureaucratiques dans les universités. Pendant trop longtemps, la science a été traitée comme une entité existant pour elle-même, coupée de la réalité et de l’entourage social et écomomique. C’est pourquoi il est important qu’elle s’ouvre à une coopération encore plus intensive avec les entrepreneurs.

En coopération avec le Ministère du Développement et le Ministère des Finances nous avons mis en place un audacieux projet de refonte civilisationnelle et économique de la Pologne dont l’objectif est d’intensifier le soutien à la recherche scientifique promouvant le développement. Dès fin 2016, une première loi sur l’innovation est entrée en vigueur. D’un côté, elle introduit des allègements fiscaux pour les entrepreneurs qui s’engagent dans le domaine de la recherche et celui du développement. De l’autre, elle propose aux scientifiques tout un ensemble d’encouragements à se lancer dans la coopération avec le business.

Au début d’octobre 2017, le gouvernement polonais a adopté une deuxième loi sur l’innovation qui prévoit, entre autres, le plafonnement de l’allègement fiscal pour une activité de recherche visant le développement à hauteur de 100%. En allant au-devant des demandes du milieu scientifique, elle élargit le champ d’action des sociétés de projet créées par les universités et les instituts de l’Académie des Sciences polonaise leur permettant de mener une activité économique et dérègle les procédures d’élaboration de la Feuille de Route nationale des Infrastructures de recherche.

Il convient de souligner ici que cette nouvelle législation a été la mieux notée dans un rapport synthétisant l’acquis des actions de dérégulation entreprises par le gouvernement actuel, établi par les experts de l’Observatoire de la législaltion de l’organisation patronale Pracodawcy RP (Employeurs de la République de Pologne).

Voici nos autres initiatives :

Études dualistes (PO WER)

En novembre 2017 encore, je vais annoncer, conjointement avec le Centre national de la Recherche et du Développement, un concours intitulé « Études dualistes », mis en place dans le cadre du Programme Opérationnel Savoir Éducation Développement. Son but est de populariser le modèle des études dualistes dans les filières à caractère pratique.

Que cela signifie-t-il ? Pour les entreprises, la possibilité de former, en coopération avec les universités, des salariés dont les compétences et savoir-faire seront appropriés à leurs besoins. Que du bénéfice, donc ! Le concours sera adressé aux écoles d’enseignement supérieur, tant publiques que non publiques. Le projet, dont le budget s’élève à 100 millions de zlotys (environ 25 millions d’euros), prévoit l’élaboration et la réalisation de programmes de formation parallèle, sous forme de cours didactiques à l’université et de cours pratiques chez l’employeur.

Programme de stages professionnels dans les Écoles nationales supérieures d’enseignement professionel (PO WER)

Un autre projet s’inscrit dans la même logique que le précédent. Déjà en 2016, notre ministère a commencé la réalisation du « Programme de stages professionnels dans les Écoles nationales supérieures d’enseignement professionel (PWSZ) ». Son objectif est d’élaborer, tester et mettre en oeuvre un système uniforme de stages professionnels dans les PWSZ pour les cursus à caractère pratique. Ce projet concernera, à terme, environ 7 000 étudiants qui, dans le cadre des actions menées par les écoles et soutenues par le Fonds social européen, participeront à des stages professionnels élargis, d’une durée de 6 mois.

Quel en sera le résultat ? Le développement des compétences des étudiants en tant que futurs salariés, l’accroissement de l’élasticité des écoles supérieures en matière de création de programmes de formation et l’intensification de la coopération entre les écoles et les employeurs. Le budget du projet s’élève à plus de 135 millions de zlotys (environ 33 millions d’euros).

Le doctorat appliqué

Le doctorat appliqué est l’un de nos navires amiraux. C’est une solution classique « gagnant-gagnant » dont bénéficient tous. Le jeune doctorant a un poste et se voit accorder une bourse supplémentaire. Il acquiert une précieuse expérience. L’université obtient un financement, se perfectionne dans la recherche et s’ouvre à la coopération avec le business. L’entrepreneur, de son côté, peut escompter des allègements fiscaux, obtient des brevets innovants et laisse derrière lui la concurrence.

Comment ça marche ? Le doctorant travaille sur sa thèse dans le cadre d’une université ou d’un institut de recherche, et, parallèlement dans une entreprise. Le résultat de sa thèse sera, par la suite, mis sur le marché ou utilisé dans les processus de production. Le programme est réalisé par voie de concours annuel, organisé par le Ministère de la Science et de l’Enseignement supérieur. Les unités de recherche obtiennent un financement pour couvrir, d’un côté, les coûts d’utilisation de leurs infrastructures de recherche et, de l’autre, la bourse du doctorant d’un montant mensuel de 2 450 zlotys (environ 500 euros) dont il pourra bénéficier pendant quatre ans maximum.

.Toutes les solutions mentionnées ci-dessus à titre d’exemple ont vu le jour grâce à la coopération avec des représentants des écoles supérieures et des employeurs. Mon expérience montre qu’il suffit parfois d’écouter attentivement – car ce sont les entrepreneurs qui savent le mieux ce dont ils ont besoin pour développer leurs entreprises. Il est important de nous rencontrer et de discuter. Et ma tâche future sera de traduire ces demandes et idées en des régulations ou des programmes concrets et de les faire passer par le parlement. Vous pouvez voir en moi un allié et un avocat.

Jarosław Gowin

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