Vaira VĪĶE-FREIBERGA: Les Polonais ont initié les changements dans toute la région

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Les Polonais ont initié les changements dans toute la région

Vaira VĪĶE-FREIBERGA

Femme politique lettonne, psychologue et universitaire. Entre 1999 et 2007 président de la Lettonie.

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Au pays de Jean-Paul II, « Solidartié » a mis en marche un mécanisme grâce auquel – symboliquement – le pouvoir est revenu au souverain, à savoir le peuple.

Ayant quitté la Lettonie enfant, encore pendant la guerre, j’avais passé presque ma vie entière à l’étranger. En 1980, je travaillais dans une université à Montréal et je me souviens que même là-bas la nouvelle des grèves à Gdańsk avait suscité une effervescence. Ce fut une nouveauté car jusque-là, l’actualité n’avait que très peu filtré de l’autre côté du rideau de fer.

En Occident, on interprétait les grèves polonaises comme une protestation de plus contre le pouvoir communiste, mais une protestation significative car conduite par des ouvriers alors que le parti communiste au pouvoir en Pologne se targuait d’être justement le défenseur des masses travailleuses. Les grèves étaient un acte d’accusation contre lui.

Pour moi, les événements de Gdańsk étaient la confirmation, une de plus, que le communisme était une idéologie étrangère, coupée de la réalité, s’usurpant le droit de représenter les intérêts des ouvriers. Avec les grèves, le pouvoir revenait symboliquement au souverain, à savoir le peuple.

La Pologne, du fait de la position de l’Église catholique, occupait une place de choix parmi les pays communistes. En plus, Karol Wojtyła avait été élu pape pour devenir par la suite un véritable leader spirituel de la nation. Je ne comprends toujours pas pourquoi le pouvoir avait laissé l’Église devenir un repère pour le peuple, un repère indépendant, affaiblissant la position des autorités et pointant du doigt le caractère étranger du communisme. C’était impensable ailleurs dans le bloc soviétique. Un exemple : il était impossible, durant toute la période communiste, de faire entrer des bibles en Lettonie.

Mais les Lettons aussi vivaient avec la certitude que leur état, repris par une force étrangère, redeviendrait un jour leur propriété. Et ce jour est venu en décembre 1991 avec le démembrement de l’URSS et l’installation de Boris Eltsine au poste de président de la Russie. Déjà, en août de la même année, la Lettonie proclamait son indépendance.

Les protestations de « Solidarité » furent un pas important vers l’indépendance de la Lettonie. Ce mouvement est devenu l’un des éléments clés entraînant l’érosion de l’idéologie communiste. En 1956, en Hongrie, nous avions observé un soulèvement contre le système communiste. Mais ce que nous avons vu en Pologne dans les années 1980 c’était quelque chose d’autre, quelque chose de nouveau. Les ouvriers en grève dans le chantier naval de Gdańsk ont fait le maximum afin que leur protestation ne soit pas perçue comme une forme de provocation à l’encontre du pouvoir. Afin de ne pas fournir à l’Union soviétique un prétexte pour intervenir comme elle avait fait en 1956 à Budapest ou en 1968 en Tchécoslovaquie. Et ils ont en même temps réussi à imposer une formule de dialogue avec le pouvoir jamais observée auparavant, prouvant ainsi que les ouvriers peuvent prendre efficacement la parole pour leur cause.

Vaira VĪĶE-FREIBERGA

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